Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Journée de commémoration nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions
13 mai 2009

Dimanche dernier, la Région invitait les Réunionnais à célébrer le 10 mai avec la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, et d’autres partenaires du projet et plusieurs associations culturelles. Un public nombreux est donc venu participer à cet événement. Outre des activités permettant de mieux connaître notre passé, et donc d’être mieux armés pour faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain, la célébration du 10 mai a été aussi un moyen de mieux se familiariser avec la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, un outil au service du développement du pays. Voici un texte réalisé par l’équipe de la MCUR qui explique l’importance du 10 mai dans la République.
En 2006, un décret faisait du 10 mai la Journée de commémoration nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date a été proposée par le Comité pour la Mémoire de l’Esclavage, qui souhaitait que cette longue histoire soit inscrite dans le récit national français mais aussi qu’elle soit inscrite dans l’histoire globale de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
Le 10 mai ne remplaçait pas les autres dates locales, le 20 décembre, le 27 avril, le 29 août… Son objectif : la mémoire et l’histoire nationale car pour le CPME, l’histoire et les héritages de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions concerne tous les citoyens.
Nous inscrire dans une Histoire globale
La Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR) a choisi, avec des partenaires, de faire du 10 mai une journée où est célébrée la lutte de femmes et d’hommes qui, à travers le monde, n’ont cessé de lutter pendant quatre siècles contre la traite et l’esclavage. Le 20 décembre, nous célébrons les résistances de nos ancêtres esclaves et le jour de l’abolition de l’esclavage à La Réunion. Le 10 mai, nous réinscrivons notre histoire dans l’histoire globale de la traite et de l’esclavage. L’histoire de l’esclavage à La Réunion est une histoire locale inscrite dans l’histoire plus large de la traite européenne et de l’esclavage.
La traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions ont à jamais bouleversé le monde, transformant les frontières, l’économie, la politique, les arts et la littérature. Les héritages de ces quatre siècles sont complexes : souffrance et exil, perte et exploitation féroce, mais aussi de nouvelles cultures, rites et musiques. Les résistances de tous les opposants à la traite et l’esclavage colonial ont contribué à forger ces nouvelles cultures.
100 combattants de la liberté
Il y a trois ans, pour le 10 mai, la MCUR a rassemblé les noms de 100 combattants de la liberté afin que nous apprenions à connaître Cimendef et Frederick Douglass, Dimitile et Sojourner Truth. La lutte pour l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage a créé un des premiers mouvements internationaux, vaste et divers, qui, malgré les échecs, les obstacles, n’a jamais renoncé à lutter. Il lui a fallu quatre siècles pour venir à bout de ce crime contre l’humanité et en faire un crime dans le droit international. Ainsi, bien que de nouvelles formes de servitude existent, traite et esclavage sont désormais des crimes. La lutte de toutes ces femmes, de tous ces hommes, sur tous les continents montre qu’il est possible d’abolir ce qui relève de l’exploitation la plus brutale et de la déshumanisation.
Ces 100 combattants de la liberté sont des exemples de solidarité et d’engagement pour les idéaux de liberté et d’égalité.
Parmi ces combattants ; les marrons, figures emblématiques de l’aspiration à la liberté et de la lutte pour la dignité, les nombreux esclaves qui ont mené, pendant toute la période de l’esclavage, des révoltes constantes qui ont pris parfois la forme de véritables insurrections, sans oublier celles et ceux qui, quotidiennement, ont préservé leur humanité, protégé leurs enfants de l’esclavage, obtenu du maître des concessions. Leurs luttes et leurs résistances s’inscrivent dans l’histoire mondiale des luttes pour la liberté et l’égalité des droits.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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