Changement climatique

2011, année la plus chaude depuis 1900

La confirmation de la gravité de la crise environnementale

Céline Tabou / 29 décembre 2011

Météo France vient de publier son rapport annuel sur le climat en France, l’institution a annoncé que l’année 2011 "se révèlera très probablement en France métropolitaine comme l’une des plus chaudes depuis 1900". Ce serait le "résultat d’un printemps et d’un automne 2011 exceptionnellement chauds".

En un siècle, entre 1906 et 2005, la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté d’environ 0,74 °C, et 1°C en France, au cours du 20e siècle. En 2010, la France avait connu l’année la plus fraiche de ces deux dernières décennies tandis que l’année suivante, c’est l’inverse. 2011 devrait être la plus chaude, depuis plus d’un siècle.

Réchauffement climatique rapide dans tout le globe

Dans l’un de ses bulletins, Météo France met en évidence l’évolution de la température au cours du dernier millénaire par les scientifiques, au sein de l’hémisphère nord, à l’aide de mesures indirectes telles que les cernes des arbres, les coraux, les carottes de glace ou encore les relevés historiques. Le constat est alarmant, « au cours des cent dernières années (1906-2005) que la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté d’environ 0,74 °C ».
Le réchauffement climatique est depuis ces 50 dernières années deux fois plus rapides que celui observé entre 1906 et 2005. De plus, l’augmentation moyenne de la température à la surface de la Terre par décennie est de 0,13°C (à 0,03 °C près) au cours des 50 dernières années. L’année 2011 est l’année la plus chaude en France, mais également à l’échelle du globe, au cours de ces dix années consécutives.

La France, sujette au changement climatique

Tout au long de l’année, les températures métropolitaines ont été plus chaudes que la normale, hormis en juillet, où les températures étaient stables, avec une température moyenne inférieure de 1,3 degré à la normale, faisant de ce mois le plus frais de ces trente dernières années. Avec une température moyenne sur la France supérieure de 2,5 degrés à la moyenne de référence (1971-2000), le printemps 2011 en métropole est parmi les plus chauds depuis le début du 20e siècle, devant ceux de 2007 (+2,1 degrés) et 2003 (+1,8 degré).
Les températures élevées recensées en France en 2011 se sont accompagnées d’un important déficit pluviométrique, avec des précipitations de près de 20% inférieures en moyenne à l’échelle du pays, hormis dans le Sud-Est, où les pluies diluviennes du mois de novembre ont permis d’atteindre la normale et éviter la sécheresse habituelle.

Des catastrophes naturelles nombreuses

Le réchauffement climatique a entrainé une élévation du niveau de la mer, une hausse des températures en été et hiver, faisant même disparaitre les saisons. Parmi les pays les plus touchés, les pays d’Asie et d’Afrique qui ont connu des inondations et une sécheresse meurtrière.
Entre janvier et décembre 2011, près d’une vingtaine de catastrophes naturelles ont été recensées dans le monde, du Brésil, où plusieurs jours de pluie diluvienne ont provoqué des inondations et des glissements de terrain faisant plus de 700 morts, à la Nouvelle-Zélande, où deux séismes de magnitude 5.8 ont secoué la ville de Christchurch.

Céline Tabou 

An plis ke sa

Brésil, une année pluvieuse

Pluies diluviennes, inondations, glissements de terrain, marée de boue, les Brésiliens ont vécu une année difficile avec plusieurs intempéries qui se sont abattus sur le pays. La catastrophe de janvier aura causé la mort de 672 personnes et détruit les habitations de 14.000 personnes. Ces évènements n’ont jamais eu une telle ampleur au Brésil, obligeant la nouvelle présidente Dilma Roussef à développer une politique d’adaptation aux changements climatiques.



L’Australie fait face à Yasi

En février, le cyclone le plus puissant de l’Histoire de l’Australie, catégorie 5, s’abat sur le pays. Le cyclone Yasi va toucher l’État de la Nouvelle-Galles-du-Sud, qui avait subi des inondations tuant 70 personnes aux environs de Brisbane. Le cyclone avec des vents atteignant 290 km/h va frapper le nord du Queensland, entre Cairns et Cardwell, qui abrite plus de 400.000 habitants. Bien que Yasi n’a fait aucun mort, les dégâts ont considérables pour la région, notamment le secteur électrique et les récoltes. L’élévation du niveau de la mer a conduit à augmenter la taille et l’intensité des cyclones australiens, dont Yasi qui a largement dépassé celle du cyclone Tracy, qui avait dévasté la ville de Darwin (nord) en 1974, faisant 71 morts et détruisant 90% des maisons. Le dernier cyclone aussi important — Larry — avait touché le Nord-Est de l’Australie, en 2006 et avait détruit les récoltes dans la région d’Innisfail.



La Nouvelle-Zélande parmi les plus touchés

Le 22 février, la Nouvelle-Zélande a connu son premier séisme de l’année, de magnitude 6,3, celui-ci a fait 166 morts et près de 10.000 sans-logis, à Christchurch. Les dégâts ont été évalués à 8 milliards d’euros, alors que le pays avait vécu un séisme en juin 2010, endommageant des bâtiments. Les médias new zélandais ont indiqué que des phénomènes de liquéfaction du sol ont été rapportés, entraînant des dégâts sur certains bâtiments, routes et les pistes de l’aéroport international, de plus des inondations localisées d’eau charriant du sable ont semés d’importants dégâts. Quatre mois plus tard, le 13 juin un nouveau séisme de magnitude 6 secoue à nouveau la ville de Christchurch, puis toujours dans la même zone, le 23 décembre, deux séismes de magnitude 5.8 secouent à nouveau la ville de Christchurch à une heure d’intervalle.

D’après certains scientifiques, les séismes ont un rapport avec le changement climatique, en effet, certains séismes sont dus à la fonte rapide de glaciers et des calottes polaires associées à la montée des océans, suite aux interventions de l’homme. Ces phénomènes peuvent se traduire par « des rééquilibrages isostatiques générant des effets sismiques, certains effets pourraient être considérés comme des séismes induits » (Wikipedia).

Le Japon, la pire catastrophe au monde

Le 11 mars, un séisme de magnitude 9 a provoqué un tsunami de plusieurs mètres sur la côte Nord-Est du Japon. C’était le tremblement de terre le plus violent, jamais enregistré au Japon depuis 140 ans. Près de 4.320 personnes ont perdu la vie, 8.606 ont disparu et 2.282 ont été blessés. La montée du niveau des océans depuis 150 ans a amplifié les dégâts. La situation du 11 mars s’ajoute à la catastrophe nucléaire due au séisme qui a profondément dégradé la centrale nucléaire de Fukushima. Des taux de radioactivité s’échapperont des structures, dans tout le nord-est du pays. De fait, le véritable bilan humain et financier n’est pas encore défini à ce jour.

L’Europe pas épargnée par les changements climatiques

Dès mars et tout au long de l’année, l’Europe connaîtra des températures changeantes entre sécheresse et inondations, le continent aura du faire face à des catastrophes naturelles. Une longue vague de sécheresse frappe particulièrement la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni, celle-ci a été aggravée par le faible niveau de précipitations durant l’hiver 2010-2011, période normalement destinée à recharger les nappes souterraines. Cette sécheresse sera la plus importante survenue en Europe depuis 1976.

Les conséquences de cette sécheresse auront un impact sur la vie quotidienne et l’économie. Les prix agricoles et l’élevage ont grimpé, la production électrique en a pâti à cause du manque d’eau, la navigation fluviale a été atteinte, car les navires n’ont pas pu passer le Rhin et le Danube qu’à 50% de leur charge. Et enfin, la faune et la flore ont subi ce changement de climat, la nature doit faire face encore aujourd’hui à ce climat sec. Mais la sécheresse a conduit à d’importants incendies notamment à la forêt des landes, au Yorkshire de l’Ouest, dans les Hautes Fagnes et la Campine, en Croatie, et à La Riba.

L’Asie n’est en rien épargnée

Chaque année, l’Asie fait face à une saison des moussons de plus en plus denses et pluvieuses, notamment en Inde et en Chine. En 2011, les deux pays ont du faire face à des intempéries causant des centaines de morts et de disparus dans les deux pays. En mai 2011, le typhon Songda, de catégorie 5, arrive aux Philippines, en provenance du large du Pacifique, il s’est dirigé vers le sud de la Chine, en passant au sud de Taïwan. Le typhon n’a pas fait d’importants dégâts et peu de victimes, deux. Même si Songda n’a pas touché de plein fouet les Philippines, il génère des pluies diluviennes notamment sur la façade Est de l’archipel. Des milliers de personnes résidents dans des villages côtiers ont été forcées d’évacuer leurs habitations en raison du risque de glissement de terrain ainsi que de la forte houle. En tout, plus de 250.000 personnes ont été évacuées.

En contrepartie de ces trombes d’eau, la Russie a du faire face à une extrême sécheresse. Près de trois fois plus d’incendies de forêts ont eu lieu, 2011, aura été marquée par une canicule et des feux qui ont ravagé le territoire russe. Quelque 617.000 hectares de steppes et de forêts sont partis en fumée en 2011. Ces incendies sont pour l’instant concentrés en Sibérie (région d’Irkoutsk et de Krasnoïarsk, Iakoutie) et dans l’Extrême Orient russe (région de Khabarovsk), des zones peu peuplées dans l’ensemble.

Cette année 2011 aura été néfaste pour les Thaïlandais qui ont vécu les pires inondations de leur pays. Les eaux ont paralysé l’économie et conduit à des inégalités sans précédent entre les citadins de Bangkok et les zones limitrophes de la capitale. En effet, les alentours de Bangkok ont été inondés afin d’éviter que le cœur financier ne soit touché. Durant un mois, des milliers de Thaïlandais ont vécu dans les eaux boueuses du Chao Prayan, qui s’est déversé dans les alentours.


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