Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Remaniement ministériel annoncé avant les élections
26 février 2011, par

Les rumeurs de remaniement se précisent dans un gouvernement aux abois. La ministre des Affaires étrangères est désignée pour payer les errements de la politique extérieure de Nicolas Sarkozy. Toute cette agitation ne suffit pas à masquer l’essentiel : 5 millions de demandeurs d’emploi à 14 mois de la présidentielle.
Un remaniement ministériel précipité avant des élections, cette rumeur court à Paris depuis que Pôle emploi a annoncé que près de 5 millions de personnes sont inscrites dans une de ses agences. À 14 mois d’une élection présidentielle, jamais un gouvernement n’avait eu à assumer un bilan aussi désastreux. Pour tenter de cacher cette réalité, l’Élysée tente une manœuvre précipitée, sacrifiant deux ministres.
Depuis le début des changements politiques imposés par la rue en Afrique du Nord, Paris est apparu totalement dépassé par les événements. Plusieurs diplomates ont donné leur analyse dans les colonnes du "Monde", il s’agit de la conséquence de l’amateurisme de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. On ne s’improvise pas diplomate, affirment ces spécialistes de la question.
« La politique suivie à l’égard de la Tunisie ou de l’Égypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades. C’est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme "piliers sud" de la Méditerranée », rappellent les signataires de cette tribune. « Notre politique étrangère est placée sous le signe de l’improvisation et d’impulsions successives, qui s’expliquent souvent par des considérations de politique intérieure », ajoutent ces diplomates, « qu’on ne s’étonne pas de nos échecs. Nous sommes à l’heure où des préfets se piquent de diplomatie, où les "plumes" conçoivent de grands desseins, où les réseaux représentant des intérêts privés et les visiteurs du soir sont omniprésents et écoutés ».
Voilà l’état de délabrement de l’outil de la politique étrangère de la France, et les manifestations en Afrique du Nord en ont exposé publiquement toutes les insuffisances.
Fusibles de la politique extérieure de Nicolas Sarkozy
Ces trois derniers jours, les événements se sont accélérés. C’est tout d’abord la rencontre jeudi entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Prévue de longue date car entrant dans le cadre des consultations du chef de l’État relatives au G20, cette entrevue a débouché sur un coup de poker du président de la République, à en croire plusieurs sources : proposer le ministère des Affaires étrangères à Dominique de Villepin. Rappelons que ce dernier est une des rares personnes à avoir prononcé un discours salué par les acclamations du Conseil de sécurité de l’ONU, c’était le jour où il avait répondu aux "preuves" de Colin Powell sur l’existence supposée et finalement non avérée d’armes de destruction massive sur le sol irakien. C’était une position totalement à l’encontre de l’alignement de Nicolas Sarkozy sur les États-Unis, la marque de fabrique de la politique étrangère de la France depuis bientôt trois ans.
Au lendemain de cette rencontre, plusieurs organes de presse annoncent le débarquement sans ménagement de Michèle Alliot-Marie et de son conjoint Patrick Ollier du gouvernement. C’est ce couple de ministres qui est désigné comme fusible de la faillite de la politique extérieure de Nicolas Sarkozy.
"Challenge" annonce même la composition du nouveau gouvernement qui sera de mise lundi prochain : Alain Juppé irait au quai d’Orsay. Il serait remplacé par Brice Hortefeux aux Armées, et Claude Guéant deviendrait alors ministre de l’Intérieur.
Tout l’UMP discrédité
Toutes ces spéculations interviennent au moment où le Pôle emploi publie ses chiffres du mois de janvier. Et il s’avère qu’en France, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi frôle les 5 millions. Cela n’est jamais arrivé. Et ce n’est qu’un début, car janvier est le premier mois d’application d’un plan de rigueur prévu sur trois ans.
Une fois de plus, un nouveau coup médiatique est tenté par l’Élysée, et il est énorme car la réalité à masquer est considérable : aucun gouvernement n’a jamais eu à s’expliquer sur l’existence de 5 millions de demandeurs d’emploi.
Cela consiste à retourner les conséquences désastreuses de la politique étrangère du président de la République en un atout pour placer durablement sous le feu médiatique d’anciennes amitiés de deux ministres.
L’UMP pourra-t-il faire tenir ce rideau de fumée médiatique pendant le mois qui nous sépare du premier tour des cantonales ?
Jamais sans doute un gouvernement n’est apparu aussi discrédité à la veille d’échéances aussi importantes : les cantonales se profilent, et dans la foulée la présidentielle. Ce discrédit ne peut que rejaillir sur tous ses soutiens. C’est le cas notamment de Didier Robert qui est allé jusqu’à faire valider par Paris une liste de candidats aux cantonales.
Manuel Marchal
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