Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Culture et identité
24 mai 2007

Retour en image sur l’histoire d’un groupe atypique, qui a osé le métissage de musiques, réunionnaises et bretonnes. ’Renésens créoloceltique, un groupe, un artiste’ est un ouvrage riche en documents photographiques, il est vrai, mais c’est aussi un fabuleux message pour tous ceux qui font la pluie et le beau temps sur la planète musique.
Pour tout dire, je l’attendais depuis longtemps. Cette idée de livre est d’autant plus originale, qu’elle appelle des souvenirs, les bons et les plus durs. L’histoire de Renésens ne peut être contée, sans rappeler la fierté des Réunionnais d’entendre un jeune artiste réunionnais, alors à peine adolescent, qui mettait le feu là où il chantait. Morgan au devant de la scène, Paolo l’aîné au clavier, mais c’est son frère Damien qui tenait la place de leader charismatique du groupe créoloceltique. « Trois frères réunionnais à l’incomparable complicité artistique », écrivent les auteurs de l’ouvrage.
Christophe Ah-Sou, Dominique et Morgan Aupiais, Lydie de Nantes nous emmènent tout en émotion dans une histoire, celle d’un couple culturellement partagé en La Bretagne et La Réunion. Lui breton, elle réunionnaise. Naîtront les enfants Aupiais, aux destins liés à la musique. En 1998, se forme le groupe Renésens, une formation mêlant les instruments breizh, biniou, cornemuse et ceux de notre île, roulèr, kayanm, pikèr. Le succès ne se fait pas attendre et marque les esprits des Réunionnais qui chantonnent toujours “Moin la pa là èk sa”. Lorient, Paris, Ouessant, l’île Rodrigue, La Pologne, une nouvelle fois le festival interceltique de Lorient, sans compter les nombreuses scènes réunionnaises. Bref ! Renésens a durant près de cinq ans tourné sans encombre.
Cet ouvrage n’est pas sans rappeler non plus la dure loi de la vie, quand on nous volait Damien, sa voix créoloceltique, son doigté ingénieux, sa détermination, son humilité, sa gentillesse. 10 mai 2005, à Nosy Bé, c’est l’enfer au paradis des parfums. Le jour même de son arrivée pour sa participation au festival Donia, Damien perdait la vie dans un tragique accident de la route. La Réunion perdait un musicien hors pair, moi un ami. Mais, en feuilletant, et feuilletant encore, ce livre du souvenir ne peut que nous rappeler sa recherche du vrai, son travail d’historien, sa passion de La Réunion, de ses deux cultures, bretonne et réunionnaise, mais surtout son dévouement pour que soient respectés tous les apports culturels de l’île. Damien n’est plus parmi nous. Et Renésens continue son petit bonhomme de chemin. Si ce livre est volontairement photographique, sans biographie intégrale, vous aurez à lire un vibrant hommage, un fonnkèr même, dédié à ce jeune chantre de l’humaniste réunionnais. Ce livre, d’un grammage soigné, copieusement fourni en photos, se dévore des yeux. A retrouver, je l’espère, chez tout vrai libraire, et dans toutes les bibliothèques et médiathèques de l’île.
Bbj
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