L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
21 juillet 2007

C’est un adieu que nous devons faire au Lazaret. Ce groupe de bâtiments construits en 1860 à la Grande Chaloupe accueillit des milliers de femmes et d’hommes venus du Sud de l’Inde, du Sud de la Chine, de Madagascar, des Comores, du Mozambique, du Gujerat et de France. L’île avait peur des épidémies et mettait en quarantaine les nouveaux venus. C’était l’équivalent d’Ellis Island, île au large de New York, qui accueillit dans le même temps pour les mettre également en quarantaine des milliers d’immigrants.
On débarquait les femmes et hommes sur la côte de la Grande Chaloupe et on les répartissait entre les bâtiments qui s’étendaient de la côte à l’intérieur de la ravine. Fermés en 1930, les bâtiments subiront l’assaut de la construction du chemin de fer et de son utilisation. Les habitants du village se servent en pierres, affectant l’authenticité de la construction. La construction et la maintenance de la route en corniche continueront l’œuvre de bouleversement de ce site unique dans l’histoire de La Réunion.
Aujourd’hui, derrière un des bâtiments du Lazaret que la DDE s’est adjugé depuis plusieurs années, un des bâtiments a été rénové “à l’identique”. Perpendiculaire à ce bâtiment, subsistent les murs d’un autre groupe. Tout le site est aujourd’hui bouleversé : emplacements bitumés pour accueillir les hélicoptères, camions et autres choses nécessaires à la réfection de la route en corniche, routes construites qui coupent le tracé de celle qui reliait les bâtiments, construction de maisons, etc... Même si la décision était prise de finalement mettre en place un projet historique et culturel, il serait extrêmement partiel. Rien ne dit clairement que par là passèrent et vécurent des milliers de personnes de toutes origines, ancêtres d’une grande partie des Réunionnais. Au moment où il est tant question de "devoir de mémoire”, le seul lieu historique partagé par une majorité de Réunionnais est désormais détruit. En trois ans, la destruction a fait son œuvre. Il n’est maintenant plus possible de retrouver une quelconque originalité du site. C’est fini. Adieu au Lazaret.
Françoise Vergès et Carpanin Marimoutou,
écrivains et chercheurs.
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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