Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
21 janvier 2008, par

Il s’appelait Hilaire Latchoumaninchetty, mais pour nous, c’était camarade Hilaire, ou bien Hilaire, ou bien encore Kala.
Qui ne connaissait pas Hilaire, n’était jamais venu à une manifestation de notre parti : il était là, sa casquette rouge vissée sur son crâne ou légèrement ramenée en arrière. Il était partout, parlant aux uns, écoutant les autres, prenant des nouvelles des uns et des autres. Avec ses camarades, il était chez lui.
Il était de toutes les campagnes électorales, aux quatre coins de La Réunion : il distribuait des tracts, faisait du porte-à-porte, assistait aux réunions publiques.
Il me racontait souvent qu’il était entré en politique à quatorze ans, à Sainte-Marie, où il y avait à l’époque une municipalité démocratique : il me parlait de Jean Hinglo et d’autres dirigeants et camarades qu’il avait alors côtoyé. Il avait en mémoire toutes les péripéties des consultations électorales d’il n’y pas si longtemps que cela.
Plus tard, arrivé à Saint-Denis, il a eu également à connaître des situations tendues. J’ai appris qu’il y avait fait preuve de courage et de détermination.
Sa vie n’a pas été facile, au plan matériel car il a connu toutes les galères : chômage, petits secours, allocations de petit montant, mais il a supporté toutes ces difficultés avec courage. Il fallait bien faire vivre une famille nombreuse. Je pense qu’il a beaucoup été aidé par son épouse, une personne accueillante et dévouée qui avec ses enfants a su l’entourer de leur amour jusqu’aux derniers instants de sa vie.
Un dernier souvenir, mais il y en aurait tant à raconter : il y a une semaine, lorsqu’avec Lulu, Jean-Max Hoarau et un jeune camarade, nous lui avons rendu visite. Il nous a parlé longuement de politique. Après l’avoir vu, je suis allé m’excuser de l’avoir peut-être lassé par notre présence auprès de ses proches : ceux-ci m’ont répondu que cela lui faisait du bien.
A sa femme, ses enfants et petits-enfants, nous adressons nos condoléances. On imagine le vide qu’il a laissé dans sa famille. Dans le parti, il en sera ainsi également... Adieu camarade Hilaire, s’il y a un bon dieu pour les militants dévoués au service des autres, je ne doute pas que tu sois aujourd’hui auprès de lui.
Georges Gauvin
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
15 novembre 2017, 12:26, par prisca
Merci à Monsieur Georges Gauvin pour ce beau témoignage rendu à mon grand-pére. Oui il a laissé un vide au sein de la famille et il nous manque beaucoup. Pour moi il a été et restera un grand homme il était toujours à mon écoute et me donnait toujours des solutions à mes problèmes. Même si il est plus là mais dans mon cœur il le restera.