Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
23 septembre 2011

Les gardes à vue puis les mises en examen de deux proches de Nicolas Sarkozy, dont le témoin de son mariage, ont accéléré l’affaire Karachi. Le président de la République a publié un communiqué dont le contenu est tout sauf neutre. Dorénavant partie prenante dans cette affaire, Nicolas Sarkozy doit être entendu par le juge.
Durant ces dernières 48 heures, l’enquête sur le lien entre l’affaire de l’attentat de Karachi et le financement de la campagne d’Édouard Balladur en 1995 s’est accélérée. Les enquêteurs tentent de savoir si des rétrocommissions provenant de la vente de sous-marins au Pakistan n’ont pas servi à financer la campagne présidentielle de l’ancien Premier ministre. À cette époque, Nicolas Sarkozy était ministre du Budget du gouvernement Balladur, et porte-parole de sa campagne. Hier, deux proches de Nicolas Sarkozy ont été mis en examen après de longues heures de garde-à-vue : Nicolas Bazire, ancien directeur de campagne d’Édouard Balladur, et par ailleurs tellement proche du chef de l’État qu’il a été en 2008 le témoin de son mariage ; et Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget.
Ces mises en examen concernent le premier cercle d’amis du président de la République, et aussitôt tout le monde fait le lien avec Nicolas Sarkozy. L’alerte est suffisamment sérieuse pour que l’Élysée se dévoile. Après avoir posté sept tweets en quelques heures, la présidence de la République s’est fendue d’un communiqué dans lequel il est dit ceci :
- Nicolas Sarkozy n’a pas de responsabilité dans le financement de la campagne d’Édouard Balladur.
- En tant que ministre du Budget, il était hostile à la signature du contrat de vente des sous-marins au Pakistan.
Ce communiqué est une prise de position qui fait maintenant partie du débat. Le président de la République n’est pas neutre dans cette affaire, il doit être entendu. Cette déclaration dit en effet suffisamment pour susciter l’intérêt du juge. Et plusieurs questions se posent :
- Est-il possible qu’un ministre du Budget et porte-parole de la campagne de son Premier ministre n’était pas impliqué dans la gestion des fonds ?
- Pourquoi le chef de l’État tente-t-il de se démarquer aussi fortement d’Édouard Balladur ?
- Nicolas Sarkozy était-il au courant du versement des commissions occultes ?
Le coup est parti, on ne peut plus l’arrêter.
Où sont passés les soutiens de Sarkozy à La Réunion ?
Pourquoi des responsables de l’UMP-Réunion, candidats à la sénatoriale, et si prompts à soutenir habituellement Nicolas Sarkozy ne disent rien ?
L’opinion réunionnaise attend le point de vue de ces dirigeants politiques. Ils devront forcément s’exprimer d’ici dimanche.
Com’com est actuellement à Paris pour Top-Résa. Il est donc au plus près des sources d’information. Tous les soirs, il intervient sur Antenne-Réunion pour se vanter avec ses amis, gageons qu’il va trouver le temps de donner son point de vue sur cette affaire. Didier Robert n’est tout de même pas rien dans l’organigramme de Sarkozy : il est un secrétaire national de son parti, l’UMP.
Le président de l’UMP-Réunion est aussi candidat aux sénatoriales, qu’attend-il pour voler au secours de son chef, et qu’est-ce qui retient Virapoullé d’affirmer une nouvelle fois son allégeance à Sarkozy ?
Qu’attendent donc les médias pour interroger ces responsables ? Faudra-t-il que Jacqueline Farreyrol chante "ça sent le roussi" pour que l’UMP-Réunion sorte de son silence ?
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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