Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
1er août 2006

La France vient d’octroyer une aide exceptionnelle d’1,5 million d’euros au gouvernement comorien pour qu’il puisse apurer une partie des arriérés de salaires des fonctionnaires de l’archipel.
Le déblocage de ces fonds fait suite à une demande d’aide d’urgence de Moroni. Le gouvernement français a souhaité émettre un signal fort vers l’archipel au moment où une délégation du Fonds Monétaire International (FMI) y séjournait.
La France n’a pas mis dans la balance la volonté affirmée par les nouvelles autorités comoriennes d’exiger le retour de Mayotte au sein de l’Union. Dès son avènement, le nouveau Président Ahmed Abdallah Sambi n’a pas caché ses intentions. Le 14 juin dernier, Moroni annonçait sa volonté de réintroduire la question mahoraise à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Une position qui tranche avec celle du précédent Président de l’Union. Il y a 2 ans, Azali Assoumani avait levé l’embargo contre toute participation de Mayotte, en tant qu’entité distincte, aux Jeux des îles du Sud-Ouest de l’océan Indien. Il expliquait : "Nous voulons tirer les leçons de 30 années de blocage et de méfiance. C’est ainsi que notre diplomatie a privilégié l’approche pragmatique du rapprochement de nos populations par le sport, la musique et les affaires".
Par son geste, Paris a voulu saluer les efforts d’assainissement entrepris par les nouvelles autorités. Il a surtout voulu prendre acte de la mise en place d’un véritable processus démocratique comme l’a rappelé le porte-parole du gouvernement sur RFI. La récente élection présidentielle placée sous le contrôle d’observateurs extérieurs s’est déroulée dans des contestations possibles.
En septembre 2003, l’avocat Saïd Larifou était au centre d’un véritable imbroglio politico-juridique. Son arrestation puis sa condamnation à Moroni avaient agité La Réunion. Une partie de l’opinion n’hésitait pas à qualifier le Président comorien de "dictateur" et vouer aux gémonies le régime politique de l’archipel.
Au cours de ces dernières années, tout n’a pas été parfait aux Comores. Il n’en reste pas moins que ce sont ce Président traité à La Réunion de "dictateur" et son régime qui ont mené à bien l’élection présidentielle de ce début d’année. Faut-il rappeler que le processus démocratique salué à sa manière par le gouvernement français, découle de la mise en application de l’Accord de Fomboni de février 2001. Entériné par le référendum du 21 décembre 2001, il prévoyait la transformation de la République des Comores en une Union des Comores, une fédération accordant aux trois îles une grande autonomie. Il organisait une élection "tournante" du Président de l’Union. L’accord de Fomboni a été précédé par une réunion décisive qui s’est tenue à Saint-Denis. Elle réunissait tous les protagonistes comoriens. Elle était placée sous l’égide du Président du Conseil régional. À la demande de plusieurs responsables politiques comoriens, Paul Vergès s’était déplacé dans les îles de l’archipel. Il avait contribué à préparer les conditions d’un accord.
Au bout de 25 ans d’instabilité, les Comores pouvaient commencer à voir autrement l’avenir.
Jacques Madaule
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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