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1er juillet 2009
Le dirigeant fédéral vient de faire savoir qu’il proposera le nom de Michel Vergoz comme tête de liste socialiste aux Régionales de 2010. Une annonce qui ne manque pas de surprendre.
De prime abord, on ne comprend pas pourquoi une telle communication se fait par voie de presse et non en empruntant les structures internes du parti. Une rapide analyse laisse entendre que Gilbert Annette cherche à faire un coup. Il apporte la preuve qu’il est maître du jeu et qu’il lui revient de délivrer seul les bons de sortie. En même temps, il place l’ancien maire de Sainte-Rose au pied du mur et, avec lui, ses soutiens. Si, depuis quelques mois, Michel Vergoz s’exprime peu publiquement, il est proche de Patrick Lebreton et Jean-Jacques Vlody, les deux sudistes menant en interne la contestation contre la ligne Annette.
Pourquoi alors le secrétaire fédéral fait-il cette annonce maintenant et dans ces conditions ? Si sa première motivation est d’ordre tactique — puisqu’il jette la pierre dans le jardin de ses contestataires —, le maire de Saint-Denis a intégré dans son analyse le mauvais score d’Erika Bareigts aux Européennes. Pour lui, ce scrutin avait valeur de test : à l’approche des Régionales, il devait établir un rapport de forces plus favorable à la fédération face à l’Alliance. Pour atteindre un tel objectif, il a, notamment, fait venir dans l’île des responsables nationaux.
Mais, n’ayant pas atteint son objectif, Gilbert Annette doit réviser ses plans. N’étant plus sûr du succès de sa stratégie, il demande publiquement à ses contestataires de porter une bataille aux résultats désormais incertains. Et, pour compliquer la tâche des Lebreton et Vlody, il décide de faire appel à un homme qui pourrait bien être handicapé dans sa tâche. Depuis que le Tribunal administratif a annulé les Municipales de Sainte-Rose, Vergoz est en campagne. Si le Conseil d’Etat confirme, l’adversaire de Bruno Pajany sera mobilisé plusieurs mois dans la commune de l’Est. Il ne pourra pas s’occuper des Régionales !
Enfin, le plus grave serait que Gilbert Annette ait fait sa proposition sans avoir préalablement consulté l’intéressé. Si Michel Vergoz déclinait l’offre, le premier secrétaire aura bon dos de dire aux militants : vous voyez, ils ne critiquent à longueur de journées, mais l’un des leurs refuse de mener une bataille capitale pour nous !
C’est un sacré piège qu’Annette vient de tendre.
Jean-Bernard Esparon
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