8 octobre 2009
"Témoignages" de ce jour consacre une large place aux violences commises hier à Saint-Louis par des représentants des forces dites "de l’ordre" contre des Réunionnais. D’une part, en raison de la gravité de ces violences policières, qui ont profondément blessé moralement leurs victimes et sérieusement porté atteinte à leurs biens. D’autre part, en raison du fait que ces comportements sont d’autant plus inacceptables qu’ils sont l’expression d’un profond mépris envers des Réunionnais.
Nous dénonçons ce mépris de représentants de l’État à l’égard de notre peuple avec d’autant plus de force, qu’il ne s’exprime pas seulement dans le cadre de ce genre d’abus de pouvoir factuel — comme il s’en est déjà souvent produit ailleurs — mais encore à travers la politique injuste et discriminatoire imposée par le pouvoir aux Réunionnais. Cette politique se traduit par des violences sociales aux effets dramatiques, comme le chômage, la précarité, l’exclusion, le non-respect du droit au logement, l’illettrisme, les inégalités de revenus etc.
La violence de cette politique a donc une source institutionnelle, comme celles survenues hier à Saint-Louis. Et ces dernières sont d’autant plus graves qu’elles ont été commises quelques jours avant la venue du ministre des Armées, dont le parti a soutenu un candidat ultra, battu aux élections municipales partielles de dimanche dernier.
Pourquoi donc de telles violences et un tel mépris envers les Réunionnais ? Pour qui nous prend-t-on et dans quelle logique s’inscrivent ces attitudes de la part de l’État : dans celle de l’affrontement et des divisions ou dans celle du respect et du dialogue ?
Dans son édition d’hier, "Témoignages" a lancé un appel à « sortir de la logique de l’affrontement » pour construire le développement endogène et à « aller vers ce que le président de la Région appelle le partenariat institutionnel. Un partenariat où chacun contribue à la réalisation d’un objectif commun, décidé par les Réunionnais ».
Une des conditions essentielles pour bâtir ensemble un développement durable est bien l’achèvement de la décolonisation. C’est pourquoi nous disons : stop à la violence institutionnelle !
L. B.
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