Quel devenir pour les 700 précaires de l’Éducation nationale ?

L’Union nationale des SGPEN-CGT écrit au ministre de l’Éducation Nationale

26 décembre 2005

Le lendemain de l’échec de la table ronde sur le devenir des 700 précaires TOS, l’Union nationale des SGPEN-CGT a écrit au ministre de l’Éducation pour l’interpeller sur le devenir de plusieurs centaines de Réunionnais. On lira ci-après la teneur du courrier adressé à Gilles de Robien.

Monsieur le Ministre,
Si une situation parmi tant d’autres doit nous préoccuper en cette fin d’année 2005, c’est bien celle des personnels en situation de précarité au sein même de notre institution qu’est encore aujourd’hui l’Éducation Nationale.
Dans le département de La Réunion où se tenait le 21 courant une table ronde annoncée comme la solution de la dernière chance entre l’État décentralisateur, les collectivités territoriales et les syndicats, aucun compromis n’a pu être trouvé pour faire face à la crise qui se profile depuis l’annonce de l’abandon de près de 700 emplois précaires jusqu’ici utilisés et reconnus pour le bon fonctionnement des établissements scolaires.
La non-titularisation d’une part, de l’ensemble des personnels concernés, la non-prolongation d’autre part de leur contrat pour ceux qui ne bénéficieraient pas de la titularisation immédiate, mettent en danger l’existence même du système éducatif dans ce département.
Pour mémoire, certains établissements fonctionnent aujourd’hui pour plus de 50% de leur effectif de personnels TOS avec des CES, CEC et agents contractuels. Cette situation est inadmissible, tout comme l’est d’ailleurs la décision prise de laisser pour compte 700 collègues dès le 1er janvier 2006. Comme nous avons à maintes reprises, depuis l’annonce de J.-P. Raffarin en février 2003, dénoncé le désengagement de l’État de ses responsabilités, nous réaffirmons de nouveau notre opposition à ces transferts de missions de services publics d’État et de personnels vers les collectivités territoriales et vous demandons d’intervenir pour qu’une solution soit rapidement trouvée avec ces dernières, afin que nos collègues puissent continuer d’exercer au profit des usagers que sont élèves et parents d’élèves plutôt que d’aller grossir les chiffres des demandeurs d’emplois, comme semble le vouloir le gouvernement par son entêtement au travers de cette dernière rencontre.
Permettez-nous de vous rappeler, Monsieur le Ministre, un paragraphe de votre courrier en direction des personnels TOS : "Je souhaite également vous exprimer, par cette lettre, ma considération pour vos compétences et pour votre rôle indispensable au sein des établissements. Par nature souvent discret et méconnu, votre engagement professionnel quotidien suscite toute mon estime. Le premier trimestre de l’année scolaire est pour moi l’occasion de vous témoigner ma reconnaissance pour le concours que vous apportez au service public d’éducation".
Croyez-vous, Monsieur le Ministre, que sans le concours des 500 précaires de l’île de La Réunion, vous auriez pu écrire de tels éloges aux seuls titulaires en nombre insuffisant reconnu par quelques-uns de vos prédécesseurs, pour assurer une tâche aussi difficile que celle qu’ils exercent au quotidien ?
Nous sommes bien en mesure aujourd’hui de prouver que c’est par le travail collectif d’une équipe constituée de titulaires et de précaires titularisés demain que le servi-ce public d’éducation assuré avec les compétences et le dévouement des personnels vous permettra à nouveau de témoigner toute votre reconnaissance pour le concours apporté par ces derniers.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations les plus respectueuses.

Bernard Courtin,
Secrétaire National


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