APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
20 juillet 2007

Quelles sont les perspectives sur 2012 et 2024 pour le remplacement progressif de la canne vers d’autres solutions pour le développement d’un tourisme vert et haut de gamme ? Que peut-on proposer à nos touristes, si ce n’est notre originalité, notre endémisme ?
L’endémisme a un intérêt, c’est qu’il est unique, il a donc de la valeur aux yeux du monde. Il se retrouve dans la langue (le créole est du français du XVIIe siècle avec une syntaxe originale), dans la musique, pas que dans le maloya mais aussi dans le séga, les quadrilles, les vieilles romances, les scottishs, les mazurkas ; dans les us et coutumes, l’art populaire des peintres et engagés indiens, la conservation de vieilles traditions chinoises qui se perdent dans les grandes cités urbaines de Chine continentale, dans le moringue, mais aussi la croche (la lutte réunionnaise).
Nous avons aussi cette richesse dans les plantes indigènes du pays, que de découvertes pour les amateurs de botaniques du monde (cela amènerait des touristes de qualité...).
Nous avons aussi des atouts avec notre “Café Pointu de Bourbon” ou le “Bourbon Rond Moka” qui rappelle le “Bourbon Rouge du Guatemala”, dans notre géranium et notre vétiver bourbon considérés comme les meilleurs du monde, sans oublier l’ananas Victoria si goûteux...
Avec un volcan qui régulièrement se met en éruption et une histoire riche et variée depuis les premiers colons à la richesse de la diversité des cultes, des mosquées aux “chapelles malabars” sans oublier la ferveur chrétienne qui est avec La République un des garants de l’unité sociale.
L’île a tous les atouts pour réussir un développement touristique et économique de qualité...
Qu’est-ce qui entrave ce développement ? Des coûts aériens prohibitifs, une absence de structures hôtelières adaptées dans les hauts, une absence de politique de formation dans la longue durée et peut-être... une carence dans la perspective de ce même développement durable qui intègre une volonté politique associée aux initiatives privées. La problématique du développement est donc d’ordre structurel et interne et nous devrions là aussi dans ce domaine prendre exemple sur l’île sœur où le gouvernement et les privés projettent des reconversions pendant que nous, ici, nous prenons trop souvent modèle sur la seule référence parisienne délaissant les initiatives locales sur le bord du chemin. Tant que le monde politique local n’aura pas compris l’importance à établir des partenariats constructifs avec ceux qui œuvrent dans le pays (privés ou associations), tout projet est voué à l’échec et ne pourra pas se réaliser dans toute sa plénitude.
Christian Vittori
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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