Quand le communisme chinois séduit l’Américain
13 juin, parLe monde a changé
9 août 2007

C’était ce mardi soir, à la tombée du jour. La Halle du Port accueillait ses premiers visiteurs, vous savez, ceux-là qui prononcent les discours et ceux-là qui les applaudissent avant que tous procèdent à la traditionnelle (et entre nous, à revoir dans le principe même) visite des stands.
Obligé de remplacer au pied levé l’élu de la CCIR quelque part bloqué dans un quelconque bouchon, sans que ce fut une surprise, Gérard Arzili s’en sortit de fort belle façon. Il choisit de placer son propos en un pudique hommage à une ville qui a su, dira-t-il, procéder, dans son devoir de développement, « par de régulières vagues d’insolentes audaces ».
Et pourquoi donc dire des « audaces » portoises qu’elles furent « insolentes » ? Par questionnements interposés, le Directeur général de la Chambre consulaire invitait le gros parterre de ses auditeurs à se faire lui aussi son opinion.
« A quoi tient-il, dira-t-il en substance, que sur ce petit coin de commune qui tient dans un carré de 4 kilomètres sur 4, on ait relevé le défi du développement industriel ? A quoi tient-il que c’est ici même qu’on ait alors pensé qu’il s’imposait que, dans le même temps, l’on crée des espaces de verdures remarquables et qui changent la donne de départ » ?
N’oubliant pas qu’il a été celui qui a longtemps porté, avec une réussite certaine, le volet formation de la CCIR, Gérard Arzili n’allait pas manquer d’éveiller une autre interrogation : « A quoi tient-il que c’est ici qu’on lança et réussit la fabuleuse aventure du dessin animé qui fait qu’aujourd’hui, un inespéré et prometteur accord de partenariat a pu être passé entre notre île et la Chine » ? D’où l’audacieuse « insolence »...
Une audace, dira-t-il encore, qui nous vaut pour ces “Flore et Halle” d’accueillir des Indiens des forêts amazoniennes comme témoignage que notre île se préoccupe, comme il se doit, du sort que la modernité mondialisée pourrait réserver à tous « les poumons de notre planète »...
Gérard Arzili souffla donc à chacun d’entre nous ces questions qui invitent à donner soudain de la beauté à « l’insolence »... de l’intention.
Car l’insolence de l’artiste, n’est-ce pas le pari pris que chaque être a une âme capable d’observer au-delà de ce qu’il voit ?
Car l’insolence du créateur, n’est-ce pas l’audace de savoir que le monde ne s’arrêtera pas parce qu’il y a difficulté ? Et que notre destin est - puisqu’elles se dressent devant nous - de gravir les montagnes ?
J’ai eu conscience ce mardi soir, à la tombée du jour, d’avoir rompu le charme tout en poésie des “questionnements” auxquels s’était livré Gérard Arzili quand, prenant après lui la parole, j’affirmais qu’à toutes ses interrogations, il y avait réponse.
Et Alain Séraphine a dû me trouver quelque peu insolent d’avoir osé entrouvrir le rideau derrière lequel il tente tant bien que mal de protéger son éternel souci de discrétion et d’humilité. Arzili n’avait pas osé cette insolence-là... On lui aurait volontiers pardonné de clamer lui aussi que la Ville du Port doit beaucoup à Alain.
Raymond Lauret
Le monde a changé
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