Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
ARER
28 juillet 2008

Il existe deux grandes familles de biocarburants :
- les biocarburants en substitution au gasoil : il s’agit des huiles végétales et leurs dérivés, produits par exemple à partir du Colza, du Tournesol, du Jatropha (à Madagascar)
- les biocarburants en substitution à l’essence : ce sont le bioéthanol et ses dérivés produits par exemple à partir de la canne à sucre.
Les préconisations françaises et européennes sont les suivantes en terme de développement des filières Biocarburants :
L’Europe préconise d’atteindre un taux de 5,75% de biocarburant avant 2010. En réponse à cela, le Plan gouvernemental Français prévoit à l’Horizon 2010 la production de 700.000 t/an de diester et de 250.000 t/an d’éthanol.
4500 ha de canne à sucre permettraient de produire environ 90 m3/j d’éthanol soit environ 27 millions de litres d’éthanol par an. L’investissement pour une telle usine serait d’environ 14 millions de dollars. Une telle quantité d’éthanol permettrait d’alimenter un parc de 30000 véhicules essence à E85 (c’est-à-dire 85% de biocarburant dans le réservoir).
Néanmoins, la crise mondiale actuelle sur les prix va plutôt dans le sens d’une utilisation des terres à des fins alimentaires plutôt que énergétiques. Un autre argument est la valeur énergétique intrinsèque d’un hectare de terre : la quantité énergétique primaire pouvant être extraite de la biomasse (même via les évolutions technologiques 2e ou 3 e génération de filières biocarburant) est environ 5 à 10 fois moindre de l’énergie électrique pouvant être extraite par exemple d’une même surface couverte en panneaux photovoltaïques. Réussir à coupler sur les mêmes surfaces productions agricoles et production photovoltaïque sur serres et ombrières est un véritable enjeu pour La Réunion : coupler autosuffisance alimentaire et énergétique à grande échelle. D’autant que le transport électrique est une voie de développement "évidente"pour les îles dont les tailles sont cohérentes des capacités d’autonomie de 200 à 250 km offertes par les technologies de batteries.
En terme de filières nouveaux carburants à La Réunion, avant de penser valoriser la canne à sucre, il semble prioritaire de regarder avant tout ce qui peut être fait à partir des "déchets" : par exemple les résidus de l’industrie sucrière et la valorisation de tous les déchets, effluents divers générateurs de biogaz. Des bus fonctionnant au méthane circulent à Lille. Pourquoi pas à La Réunion ?
Le seul projet "Biocarburants" actuellement en cours de montage à La Réunion est piloté par le groupe Quartier Français et consiste à convertir en bioéthanol les résidus (flegmes) de l’exploitation de la canne à sucre. Leur ressource s’élève à environ 5000 t/an, pouvant permettre d’alimenter le parc de véhicules essence de La Réunion à un taux d’environ 3% de bioéthanol (environ 4 à 5 millions de litres par an).
A moyen terme nous verrons une transition progressive des véhicules réunionnais vers : d’abord des véhicules hybrides fossile électrique ; puis dans un deuxième temps vers des véhicules tout électriques. Cependant, ce développement à grande échelle des véhicules électriques nécessitera que plus de 50% à 70% de l’électricité réunionnaise soit propre, au risque de voir fleurir les centrales charbon. Le photovoltaïque ne suffira pas à ce besoin, il faudra trouver des sources à grande échelle de productibles électriques renouvelables pouvant produire jour et nuit toute l’année. Seules deux pistes sont actuellement envisageables à La Réunion : la Géothermie et l’Océanothermie, c’est-à-dire la ressource "infinie" d’énergie contenue dans le fond de notre Océan.
Agence Régionale de l’Energie Réunion
Pour le Développement durable, l’Adaptation au Changement climatique, les Energies renouvelables et la Maîtrise de l’Energie pour la construction, l’aménagement et le transport durable
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