Valorisation des déchets

Calcior : l’option pollution zéro

19 octobre 2004

Simple et économique, le procédé offre une alternative à l’incinération des déchets ménagers. Une invention 100% française, qui fait le tour du monde. Hier, Max Dézier, son inventeur, le présentait à la mairie de La Possession.

À l’heure où le devenir écologique de notre planète est une priorité mondiale, Max Dézier offre enfin une solution à pollution zéro pour l’environnement, tout en permettant à chaque pays l’autonomie dans la gestion et la revalorisation de ses déchets.
Cette technologie est, selon son inventeur, de moindre coût, si on la compare à l’incinérateur qui, en plus de coûter cher, laisse s’échapper une quantité non négligeable de gaz toxiques dans l’atmosphère. Le procédé mis en place par le scientifique français consiste à incorporer aux déchets ménagers préalablement triés et broyés, de la boue et de la graisse de stations d’épuration.
L’adjonction d’un adjuvant réactif liquide permet d’opérer, sur les déchets, une déshydratation et un blocage des métaux lourds, ainsi que le traitement des ammoniaques. Ce mélange crée une réaction physico-chimique naturelle, pouvant atteindre 250 à 300 degrés, sans lumière et sans oxygène, et ce en 20 minutes.

Un combustible pour les cimentiers

Après un second broyage et une seconde granulométrie, on obtient au bout de 4 heures un produit solide, hydrophobe et inerte, le Calcior. Sa technique serait en quelque sorte "un compostage accéléré".
Si le compostage biologique prend entre 15 à 16 semaines pour donner le produit valorisé, il ne faut qu’une journée pour obtenir le Calcior, qui a pour avantage reconnu de développer et recycler 100% des déchets traités.
Plus que les déchets ménagers, cette technique permettrait de valoriser également les déchets industriels assimilés, les boues communales et industrielles, les déjections animales et fientes de poules, ainsi que les lisiers de canards et de porcs.
Le produit Calcior servirait aux cimentiers comme combustible. Il peut être également utilisé dans les remblais routiers et pourrait même servir à la construction de pavés auto-bloquants, de dalles de terrasse, cloisons, etc.

Autant dire que l’inventeur de cette nouveauté en matière de traitement et de valorisation des déchets vient de faire une révolution. À l’heure d’aujourd’hui, plusieurs pays ont investi dans les usines Calcior, dont la Chine, l’Espagne, l’Italie (Sardaigne), le Liban, l’Algérie, la Grèce.
Et c’est pour son coût plus que raisonnable que ceux-ci ont fait ce choix. En effet, pour produire du Calcior, il suffit de deux choses : de l’électricité (ou le soleil) et du réactif.
Ce réactif physico-chimique est produit à partir de la chaux, et donc de calcaire, qui existe partout dans le monde. On peut le produire sur place. Le coût de production du Calcior est de 35 euros la tonne, contre 120 euros pour le traitement en incinérateur.

Usine clés en main ou unité mobile

De plus, une usine Calcior est caractérisée par sa simplicité d’installation. Une unité de traitement nécessite en moyenne un bâtiment industriel de 2.500 mètres carrés sur un terrain de 10.000 mètres carrés, selon son inventeur. L’étude technique préalable à la mise en place de l’unité est réalisée par l’équipe Calcior, qui œuvre pour fournir une usine clés en main en moins d’un an, pour un coût avoisinant les 5 millions d’euros. Le procédé offre aussi la possibilité d’une unité mobile, pour 3,5 millions d’euros... une façon inédite de fermer les décharges. Aujourd’hui et demain, Max Dézier doit présenter son invention aux deux collectivités locales.

Bbj


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Témoignages - 82e année


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