Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
6 septembre 2008

Deux études publiées par l’Insee révèlent que les diplômes ne garantissent pas l’ascension sociale. Explications.
Plus d’étudiants à l’université ne signifie pas plus de chance d’ascension sociale. Selon l’Insee, « les milieux populaires accèdent davantage qu’autrefois à l’université, mais n’obtiennent pas les meilleurs débouchés. »
Progrès social
L’accès à l’université s’est certes démocratisé. L’Insee y voit un vrai progrès social. Toutes les filières universitaires et tous les niveaux de diplômes sont en plus concernés. En quinze ans, la part des jeunes qui ont décroché un diplôme de l’enseignement supérieur a doublé. Pour les générations nées entre 1960 et 1962, il était de 21 %. Il est passé à 42 % pour les générations nées entre 1975 et 1977.
77% des enfants de cadres sont diplômés du supérieur
Mais cet accès au plus grand nombre à l’université n’a pas eu le même effet que celui de l’enseignement secondaire avec le Bac. L’Insee constate une persistance des inégalités entre la population ouvrière et les cadres. Certes, entre les générations 1948-1951 et 1975-1977, trois fois plus d’ouvriers sont diplômés du supérieur. Mais encore 77% des enfants des cadres ont des chances de décrocher un diplôme universitaire contre un quart des enfants d’ouvriers.
Un ascenseur social qui se dégrade
Conséquence directe : une dégradation des perspectives d’évolution sociale. « Si la part des individus qui parviennent à s’élever au-dessus de la condition de leurs parents demeure toujours supérieure à celle des déclassés, l’écart entre les deux flux diminue considérablement », résume l’étude. Autrement dit : chez les enfants issus des classes populaires, « les trajectoires ascendantes sont plus rares, et pour ceux nés dans des milieux sociaux plus favorisés, les trajectoires descendantes se multiplient ». La faute au chômage selon l’Insee : « face à une pénurie d’emplois hautement qualifiés, les jeunes diplômés sont d’autant plus tributaires du réseau social de leur milieu ». Même si les nouveaux chiffres rendent les politiques confiants. Mais pas les économistes.
Sources : Capital
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