Assez de violences contre les femmes

22 octobre 2007

L’oppression et la violence contre les femmes touchent tous les pays et toutes les cultures. Selon l’association SOS Femmes, deux millions de femmes sont victimes de violences conjugales et 400 meurent chaque année sous les coups de leur conjoint. Cette violence serait-elle programmée dans les gênes de la gent masculine ! Aujourd’hui, cette violence banalisée par les médias est partout présente, à la télé, sur les affiches, dans les journaux qui relatent ce genre de faits-divers presque tous les jours, comme si c’est normal d’en parler. Les bourreaux restent impunis la plupart du temps et sortent de prison pour bonne conduite, ont un suivi psychologique, tandis que les victimes ne sont presque pas entendues et sont ignorées. Il y a encore du chemin à faire pour que les femmes battues, violées, vitriolées reçoivent les mêmes attentions. A commencer dans les commissariats. Dans ces lieux où il n’y a que des hommes, les plaintes des femmes sont mises au rang des “mains courantes” et restent consignées dans des registres. Elles sont souvent reçues de façon méprisante et ne sont pas prises au sérieux. Ainsi, la violence envers les femmes est normale pour la plupart des hommes de cette planète. J’ai souvent entendu ce proverbe : « Bats ta femme tous les jours, elle seule sait pourquoi » ! Ça veut tout dire. A La Réunion, les crimes soi-disant passionnels défraient les chroniques presque toutes les semaines. En effet, les Réunionnais considèrent comme un déshonneur une séparation et que leur femme parte avec un autre homme, ils préfèrent l’éliminer avec les enfants et laver ainsi cet “affront”. Ce qui révèle et met en exergue cette idée que la femme leur appartient et qu’elle est leur propriété une fois qu’ils sont mariés ou qu’ils vivent en union libre. C’est ce que la majorité des hommes entretiennent dans leur tête. Cette violence est encouragée, hélas, par certaines religions modernes dans lesquelles la femme est souvent décrite comme un être “inférieur” qu’il faut éduquer. Or, la femme a toujours été mise à l’honneur dans des sociétés dites “primitives”. Celles-ci ont cru à l’existence d’une déesse mère qui est à l’origine de l’humanité. Et dans d’autres, elle était l’initiatrice aux mystères divins. Il est triste de constater qu’aucune loi, quelle que soit son ampleur, ne changera la manière dont les hommes considèrent les femmes et les enfants. Pour enrayer ce phénomène, il devient urgent de modifier les mentalités de certains hommes et de certaines femmes, par l’éducation, l’instruction, de modifier les religions dont les textes ont été écrits et ne sont interprétés que par les hommes, ceci pour une meilleure acceptation de l’existence et de l’utilité de la femme. Il s’agit également de garantir le respect et l’observation des droits de la personne partout dans le monde. Car la sauvegarde de l’humanité passe par le respect des femmes, et surtout des enfants. Les hommes ne peuvent exister sans les femmes et les femmes sans les hommes. Bien que la sociologue Françoise Nourrissier pense que les hommes et les femmes ne peuvent réellement longtemps vivre ensemble de part leur constitution biologique et du fonctionnement du cerveau qui est totalement différent pour les deux sexes, ils sont, cependant, complémentaires. Enfin, il est temps que la femme soit reconnue comme un être à part entière et non entièrement à part, et qu’elle soit respectée partout dans le monde. Les hommes et les femmes doivent trouver une entente et un équilibre sur tous les plans pour avancer ensemble sur le chemin de l’humanité et de la spiritualité, car celle-ci n’appartient pas non plus qu’aux hommes. Le progrès de l’humanité et d’un peuple se mesure au degré de liberté des femmes. Et il ne peut exister de société libre et prospère tant que l’existence de 51% de la population de la planète n’est pas reconnue et meurent sous les coups et sont victimes de toutes sortes de discriminations tous les jours.

Mme Gabrielle Marie


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