Au kidnappeur Aubry...

5 octobre 2006

En réponse à la dernière missive de Monsieur Aubry - Monseigneur par ailleurs, à l’entendre donc ou à le lire, il n’y aurait pour célébrer la Laïcité, si on s’en tient aux associations organisatrices, que des religieux ou ceux qui se déterminent par rapport à eux, et en "guest star alibi" un Franc Maçon, ancien Grand Maître d’une obédience française, qui ne représentait que lui-même...

Je suis de ceux qui ne croient pas, et je ne me rattache à aucune religion. Cela arrive, même à La Réunion. Et je suis pleinement laïque. À savoir que cette loi de 1905 instituant la séparation de l’Église et de l’État, séparation entre domaine privé (la possibilité de croire ou de ne pas croire pour chacun dans son intimité) et le domaine public (celui de tous, celui que nous avons en commun), cette loi me sied parce qu’elle me permet de vivre en parfaite harmonie avec tous...

Or, la fausse naïveté de cet ecclésiastique, accompagné d’autres religieux, a réalisé, avec l’organisation de ce colloque sur la Laïcité réunionnaise, un véritable rapt de cette idée de laïcité. Pour peu, il nous ferait croire que l’Église a été à l’origine du concept même de laïcité. Heureusement l’Histoire est là pour démentir cette appropriation fallacieuse de gens qui veulent réécrire notre passé. Ce n’est faire injure à personne que de dire que l’Église lutta de toutes ses forces contre le vote de la loi instituant la laïcité.

Le plus grave est que des instances nationales et locales se soient prêtées à cette mascarade. C’est d’autant plus grave que l’on assiste actuellement à d’insidieuses attaques, venant de personnages politiques briguant la responsabilité suprême ou venant de religieux de tous bords, pour modifier cette loi à leur profit.

Pour en revenir à la laïcité, il me semble qu’un colloque véritable - sans récupération aucune - est à organiser, où les gens comme moi, athées, agnostiques, aient enfin leur place, et qu’on ne pense plus la laïcité par rapport à la religion, mais par rapport à la liberté de chaque individu qu’il a de croire ou de ne pas croire, et par rapport à la "chose publique", le bien de tous : la République.

Amédée Chatel


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus