Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Alexandra Rolland
21 février 2009

Âgée de 32 ans, Alexandra Rolland est Volontaire de Solidarité Internationale auprès de l’Association Française des Volontaires du Progrès. Elle exerce cette fonction au sein de l’Alliance Française de Fort Dauphin. Elle témoigne de la richesse de cet engagement, « tant sur le plan professionnel qu’humain ».
Le Programme de solidarité en faveur des pays en développement, où travaillent les Réunionnais volontaires du progrès, fonde ses actions sur les valeurs des droits de l’Homme et du citoyen (solidarité, réciprocité, altruisme…). Il est réalisé grâce à un partenariat entre l’État malgache, l’État français et la Région Réunion, dans le cadre de la politique de co-développement durable menée par la collectivité réunionnaise.
Ce travail vise à soutenir le système éducatif malgache, les échanges culturels entre les deux îles et à encourager la formation des jeunes réunionnais.
Alexandra Rolland est arrivée à Madagascar le 17 août 2005, où elle a commencé à travailler en tant que Directrice de l’Alliance Française d’Ambovombe pendant 1 an. Elle a ensuite été mutée à l’Alliance Française de Fort Dauphin.
Cette mutation a répondu aux attentes de la jeune Réunionnaise, pour qui la situation était très difficile à Ambovombe, seule expatriée à l’époque — sans accès à l’eau courante, à l’électricité (si ce n’est que quelques heures dans la journée) et de surcroît peu de moyens pour développer les activités de l’Alliance.
Une meilleure connaissance mutuelle
Fort Dauphin est une ville charmante, avec une végétation variée et des forêts luxuriantes, qui rivalisent avec les zones alentours arides et épineuses. Elle est encadrée par trois baies maritimes et habitée par des personnes ayant su conserver traditions et authenticité.
Alexandra est alors plus sereine pour mener à bien les missions qui lui sont confiées avec une équipe importante et dynamique. Elle peut alors développer les activités traditionnelles de l’Alliance Française, promouvoir l’enseignement du français et développer la lecture publique.
Elle propose également des activités culturelles, avec comme perspective un échange entre les cultures francophones et malgaches, et faire vivre les liens historiques et culturels qui unissent La Réunion et Madagascar. Cela passe par le développement les échanges et le renforcement de la coopération pour permettre une meilleure connaissance mutuelle entre les deux peuples.
Ce dernier point fut la motivation première d’Alexandra qui, en raison de ses lointaines origines malgaches, souhaitait partager, échanger et être l’Ambassadrice de son île natale.
Une ville polluée
Depuis, Fort Dauphin a beaucoup changé, au grand regret d’Alexandra. Cet endroit était, il y a peu, un petit paradis tropical, mais cette image a été bouleversée par la construction, depuis 2005, d’une mine flottante pour extraire de l’ilménite, ou dioxyde de titane, un minerai qui sert de pigment en peinture, pour le plastique et les cosmétiques.
D’où la construction du port d’Ehoala, présenté comme le plus grand en eau profonde de l’océan Indien, et la destruction de montagnes pour aménager des carrières. La construction de routes et de stations essence ont transformé le paysage. Des centaines de 4X4 flambants neufs ont remplacé les quelque dizaines de taxis délabrés.
Même si cet investissement a pu susciter un immense espoir dans une zone les plus pauvres de Madagascar, on constate malheureusement aujourd’hui l’impact provoqué par l’arrivée de milliers de travailleurs malgaches et de centaines d’expatriés : forte augmentation du coût de la vie, explosion du coût des loyers etc.
« Volontariat : n’hésitez pas »
Alexandra s’est mariée avec Gregory, qu’elle a rencontré à Fort Dauphin. Elle a eu un petit garçon (Tom), qui aura bientôt 2 ans.
Elle est actuellement à la recherche d’un emploi, car sa mission prendra fin à la mi juillet de cette année. Elle souhaiterait peut-être rester vivre à Madagascar encore quelques années, mais devant les derniers troubles politiques qui viennent d’ébranler la grande île, Alexandra est indécise…
Elle affirme avoir vécu une « expérience très enrichissante tant sur le plan professionnel qu’humain ». Elle dit clairement : « si vous vous posez la question sur le volontariat, n’hésitez pas ; un peu de vous peut changer le visage d’un enfant ! ».
Pour conclure, elle envoie « un gros bisou à La Réunion, à ma famille, mes dalons, le bonjour à tous les potes volontaires du progrès et anciens VP, aux musiciens réunionnais Daniel Waro, Gilbert Pounia… et tous les autres. Zot tout’ i mank a moin ! »
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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