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Sainte-Suzanne
13 décembre 2005
Autour de la famille réunie à “Trois Frères” ce samedi, les amis étaient nombreux à fêter les 80 ans d’Irène Barivoitse, la femme du Rwa Kaf. L’occasion également de rendre hommage à ce dernier.
Au fur et à mesure qu’arrivaient les invités, le cœur d’Irène Barivoitse se remplissait de joie. À 80 ans, la Rène lé ankor bien solid é i fé pa le trin pou amonte son gayar. "Rét pa dann baro, rant azot", dit-elle à ses invités avant d’entamer un maloya dan l’tan où il n’est surtout pas question , évidemment de baisser les bras.
Gérose Barivoitse, le regretté Rwa Kaf mort le 26 juillet 2004, est omniprésent, sur les photos, sur les affiches, mais aussi et surtout dans tous les cœurs.
Remise de présents, embrassades, effusions... La scène chargée d’émotion se répétera longtemps au rythme des nouveaux arrivants. L’émotion monte d’un cran quand une de ses petites-filles lui lit un message de Françoise Vergès - transmis par Carpanin Marimoutou - au nom de la Maison des civilisations et l’Unité réunionnaise (MCUR).
Moments émouvants
Puis, Maurice Gironcel, le maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, Yvon Virapin le vice-président du Conseil régional, le Swami Premananda, des représentants de Rasine Kaf, d’autres de la MCUR encore, de MARRON et la rédaction de “Témoignages”, bien sûr, souhaitaient un bon anniversaire à la “Rène Irène” et lui faisaient part de toute leur affection.
Après un repas chaleureux, les nombreuses personnes présentes ont pu apprécier les prestations de divers artistes : les messagers du Gospel, Davy Sicard, Salem Tradition, des groupes de maloya mais aussi de séga... Un panel de musique très métissée qu’appréciait particulièrement le Rwa.
Assise, accompagnant la musique de tout son être, Irène ne pouvait s’empêcher de déverser quelques larmes de temps en temps. Moments émouvants car depuis la disparition du Rwa et malgré les visites régulières de ses nombreux enfants et petits-enfants, la Rène se sent parfois seule.
Mais elle a vite fait de se ressaisir avec la présence réconfortante, jusque tard dans la soirée, de tant d’amis autour d’elle.
Jean-Fabrice Nativel
Sa fierté d’appartenir au peuple réunionnais
En août 2004, la rédaction de “Kalbanon”, le magazine culturel de Sainte-Suzanne, consacre un numéro spécial au Rwa Kaf : "il aimait chanter et danser le maloya avec sa femme, ses enfants et toute sa famille. Le maloya, cette musique interdite durant de longues années, restée trop longtemps étouffée et dans le fénoir, c’était toute sa vie. Il s’est battu de toutes ses forces, il a été dans tous les combats pour la reconnaissance du maloya, pour la défense de la culture réunionnaise, pour le respect de notre identité, jusqu’au bout. Avec courage, conviction et une grande fierté. Sa fierté d’appartenir au peuple réunionnais."
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