18 octobre 2008
Maintenant qu’ils ont décidé, de manière concertée, de s’attribuer de nouveaux pouvoirs en matière financière, les gouvernements occidentaux devraient aller plus loin et taxer les transactions monétaires internationales, estime Larry Elliott, le chef du service économique du "Guardian". « Cette idée circule depuis que l’économiste américain James Tobin [prix Nobel d’économie en 1981] l’a lancée, dans les années 1970, mais, faute d’intéresser Washington et Londres, elle n’a jamais réussi à s’imposer », rappelle le journaliste britannique.
Même très faible, cette taxe serait lucrative. Avec un taux de 0,01%, elle produirait aujourd’hui 70 milliards de dollars par an (51,50 milliards d’euros). De quoi renforcer le budget des Etats. Mais on pourrait aussi l’utiliser pour financer l’aide au développement des pays pauvres, qui risque de faire les frais de la crise actuelle. Avec 0,02%, tous les objectifs de développement fixés par l’ONU seraient atteints d’ici à 2015.
Taxer les flux monétaires permet en outre d’apaiser les tensions en période de crise. « Tobin ne prévoyait pas réellement que sa taxe soit utilisée pour générer des revenus. Il y voyait plutôt un moyen de ralentir les mouvements spéculatifs des capitaux, qui peuvent déstabiliser les économies », poursuit Larry Elliott.
Sources Courrier International
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