29 décembre 2005
Rompant une fois de plus avec l’optimisme béat et avec l’esprit de résignation que cultivent la plupart des responsables politiques quant à l’avenir de la filière canne à La Réunion, Paul Vergès a plaidé le vendredi 23 décembre dernier face aux médias pour un comportement lucide et responsable. Peut-on adopter une autre attitude quand on connaît le côté impitoyable de la loi du marché qui va régir de plus en plus la production et le commerce du sucre dans le monde ?
La question est bien de savoir comment nous pourrons faire face aux deux étapes annoncées de la diminution du prix du sucre en Europe : 2006 et 2013.
Dans son édition du 23 décembre, “Le Monde” signale que l’intérêt pour l’éthanol dope le prix du sucre de 59%. En effet, sur le marché de New York, le sucre brut a vu son cours passer de quelque 195 dollars la tonne en juillet à plus de 308 dollars actuellement.
L’explosion du cours du pétrole "a réveillé l’intérêt pour une substitution à l’essence de l’éthanol, fabriqué à partir du sucre brut extrait de la canne, au Brésil, ou du maïs, aux États-Unis", explique une spécialiste des matières premières citée par le journal. "Les lois américaines sur l’énergie ont créé des incitations en faveur de l’éthanol", ajoute-t-elle. Ceux qui l’utilisent se sont vus offrir des avantages fiscaux : "On assiste à une multiplication des projets de raffinerie d’éthanol dans le monde, par exemple en Thaïlande ou en Indonésie à partir de l’huile de palme".
Vu ce qui se prépare, les sept ans qui viennent seront-ils consacrés à augmenter la productivité de notre canne à sucre et en valoriser tous ses atouts ou à des reconversions ? Quels moyens allons-nous nous donner pour à la fois protéger notre filière et la rendre compétitive ? Compte tenu des enjeux, la réponse à ces questions est urgente.
L. B.
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