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16 mai 2006
L’explosion d’un oléoduc sur la plage d’Ilado au Nigeria nous rappelle le prix à payer par des peuples pour que nous continuions à avoir accès à l’essence.
Régulièrement, les pipe-lines sont sabotés pour pouvoir voler un peu d’essence dans un pays qui est le premier producteur de pétrole brut : 2,6 millions de barils chaque jour ! 2,6 millions pour satisfaire l’addiction du reste du monde, dont nous, Réunionnais qui ne pouvons vivre sans notre essence.
Mais la majorité des 130 millions d’habitants du Nigeria vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette fois-ci, entre 150 et 200 personnes ont été brûlées vives. Les photos sont atroces : squelettes, corps tordus par la douleur, petits tas de cendres... La faim et le besoin d’argent provoquent ces détournements de pétrole souvent mortels.
Il y a quelques siècles, Voltaire s’adressait aux Européens en leur disant combien leur sucre dont ils ne pouvaient se passer était rougi du sang des esclaves. Aujourd’hui, on peut dire que notre essence a la couleur des cendres des squelettes de la plage d’Ilado...
Ginette Payet
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