Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
22 septembre 2005

Connu à Saint-André et particulièrement à la Ravine Creuse où il réside, Claude Aroumougom qui fêtera ses 78 ans le 12 octobre prochain fait partie de cette génération de Réunionnais qui ont approché le Docteur Raymond Vergès.
Ce sont les graves difficultés liées à sa profession d’agriculteur qui le conduisent, au début des années 50, à s’engager aux côtés du Dr Vergès dans son combat en faveur des petits planteurs.
Claude Aroumougom prend alors part activement aux nombreuses manifestations de la profession qui se déroulent dans l’Est, dont celles notamment visant à s’opposer à la fermeture de l’usine sucrière de Quartier Francais.
Raymond Vergès est Maire de Saint-André lorsqu’il décède le 2 juillet 1957. Et c’est tout naturellement que Claude Aroumougom se retrouve sur la liste de Paul Vergès à l’élection municipale partielle qui suit, aux côtés notamment d’Ary Payet ou encore Léonce Panon, deux compagnons du docteur.
En 1959, Claude Aroumougom participe au Congrès qui voit la naissance du P.C.R. et devient membre de la section communiste de Saint-André créée par Ary Payet. Et c’est le début d’une longue période de militantisme actif, au cours de laquelle, avec d’autres camarades, il doit se battre pour la liberté d’expression, et contre la fraude, la violence électorale, la répression, officiellement cautionnés par le pouvoir en place.
Claude Aroumougom côtoie obligatoirement Jean-Baptiste Ponama et Bruny Payet, lors des grandes batailles dans la région est de Sainte-Marie à Sainte-Rose.
L’arrivée de la gauche au pouvoir en France en 1981 et les répercussions qui ont eu lieu à La Réunion, sont autant de motivations pour Claude Aroumougom, à poursuivre le combat.
Il est présent sur la liste conduite par Laurent Vergès aux municipales de mars 1983, à Saint-André.
Avec son Fils Thomas, il prend une part active dans la campagne. Et c’est sur lui d’ailleurs que repose la préparation des meetings dans le quartier de Ravine Creuse. Ces municipales voient la réélection de Jean-Paul Virapoullé avec 47 petites voix d’avance, dans les conditions honteuses qu’il est inutile ici de rappeler et annulées par la suite par le Conseil d’État.
Claude Aroumougom n’est pas genre à baisser les bras et poursuit ses tâches de militant. Il est sur le terrain, dans son quartier aux côtés de Claude Hoareau qui conduit la liste PCR à Saint-André aux municipales de mars 1995.
En décembre 1999, il est affecté par un événement familial douloureux, la disparition de son épouse. Mais ses proches sauront lui apporter le réconfort nécessaire. Il est père de quatre enfants. Ces derniers temps et compte tenu de son âge, il a été contraint de modérer son activité militante, mais reste un observateur attentif de la vie politique - Claude Aroumougom est direct.
Face aux nombreuses difficultés économiques et sociales de notre île, il faudrait, dit-il, un peu d’audace de la part de nos élus. Par ailleurs, il avoue regretter profondément de ne pas retrouver chez les différentes couches de la population d’aujourd’hui, cette volonté, des générations d’avant, à s’engager véritablement dans la lutte.
Et ce n’est pas sans émotion qu’il évoque certains épisodes de sa vie militante. On l’écouterait pendant des heures, tant il a des choses à dire et raconter.
Ceci étant, fidèle à ses convictions, Claude Aroumougom, qui suscite le respect, ne désespère pas de voir se concrétiser ce à quoi il aspire depuis fort longtemps, la reconquête de la Mairie de Saint-André.
Paul Dennemont
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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