Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
13 juillet 2010, par

Hier matin sur Radio Kanal Océan Indien (K.O.I.), Gilles Leperlier, président de l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion (AJFER), a invité Camille Maillot et Béatrice Leperlier à l’émission “Alon Kozé”. Il a débattu avec la présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) à La Réunion, responsable du CROUS (Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Sociales), et avec la responsable de la Mutuelle des Etudiants, conseillère régionale, de l’actualité dans le monde universitaire après le Bac.
Ce fut l’occasion d’aborder, également avec les auditeurs de K.O.I., les nombreux problèmes que rencontrent les jeunes Réunionnais — surtout ceux issus des classes sociales démunies — qui veulent se lancer dans des études supérieures. Et les trois participant(e)s à cette émission ont fait le point sur les luttes à mener pour faire respecter les droits des étudiant(e)s en termes de logement, bourse, santé, filières d’études, moyens de formation, etc.
Ce sont là des sujets de mobilisation importants pour le parcours de notre jeunesse étudiante mais, en même temps, une autre question fondamentale doit sans cesse être posée à ce propos : des études… pour quoi ? Autrement dit, quel sens, quel but et quelles perspectives donne-t-on aux études que l’on entreprend soi-même — parfois avec d’autres — et qui sont organisées par les pouvoirs publics ?
Par exemple, pour être encore plus concret, est-ce que le système universitaire et de la formation à La Réunion est organisé en lien avec une politique de l’emploi qui permet de faire respecter le droit de tous les Réunionnais à un travail pour pouvoir vivre décemment après des études ? Il n’y a qu’à voir les milliers, voire dizaines de milliers de diplômés réunionnais qui se retrouvent au chômage, alors que d’autres trouvent ici des postes à revenus sur-rémunérés par rapport à ceux qu’ils ont en France…
Ces interrogations sont d’autant plus essentielles si l’on prend en compte les faits rappelés hier matin sur K.O.I. par Jean-Max Hoarau sur les situations dramatiques des peuples voisins de La Réunion et sur le racisme dans notre île. De ce point de vue, la problématique de l’enseignement prend un contenu spécifique et décisif : l’université doit-elle ou non contribuer à préparer un avenir transformé de La Réunion, solidaire des nos sœurs et frères de l’océan Indien ?
Pour être plus précis, doit-on aider les jeunes Réunionnais à faire des études pour participer ensuite à un système social dépassé et en profiter personnellement, ou bien alors pour prendre en mains l’avenir de leur pays et changer la société ? Bref : quelles études pour un développement durable de La Réunion ?
L. B.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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