26 février 2008
On comprend que les médias donnent de l’importance aux dérapages verbaux du chef de l’État, comme celui auquel il vient encore de se livrer au Salon de l’Agriculture. D’autant plus que cela crée un réel rejet dans l’opinion.
Mais ne serait-il pas juste que les médias consacrent encore bien plus de place aux graves conséquences de la politique du pouvoir qu’aux dérives comportementales présidentielles ? N’y a-t-il pas à revoir la hiérarchie des informations ?
De plus en plus de philosophes, d’experts, de responsables politiques et même de journalistes dénoncent ce que l’on appelle la “peoplelisation” de l’information. La loi du capitalisme entraîne une marchandisation des médias et donc leur priorité accordée à l’émotion autour des faits-divers et autres diversions.
Pendant ce temps, le droit des citoyens d’être informés sur les questions essentielles passe à la trappe. Qu’est donc devenu le rôle de ceux qui font l’opinion ?
Lorsqu’on priorise l’écume spectaculaire et le voyeurisme au détriment de la prise de conscience et de la réflexion rationnelle, qu’apporte-t-on aux victimes de la casse sociale ? Parler des “déconnantes de Sarko”, ça change quoi à la vie des chômeurs et autres malheureux ?
Le chômage, le mal-logement, l’illettrisme, la chute du pouvoir d’achat, la diminution des crédits pour la continuité territoriale et la mobilité-formation, les centaines de TOS virés etc... voilà des faits graves dont il faut parler à La Réunion. Voilà des infos à développer pour se donner les moyens de changer la situation.
L. B.
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