Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Audit financier de Saint-Benoît
22 août 2008, par

L’équipe de Jean-Claude Fruteau devra faire des choix dans la mise en oeuvre de son projet communal. L’audit de début de mandat met en évidence la mauvaise gestion financière de la précédente mandature. La capacité d’investissement de Saint-Benoît est fortement compromise. Le député-maire ne veut cependant ni pénaliser le personnel communal, ni les associations.
Quelle est la situation financière de Saint-Benoît après 7 ans de gestion par l’UMP ? « La situation est extrêmement tendue », affirme Jean-Claude Fruteau. Avec l’ensemble de son équipe municipale, le député-maire a dévoilé hier les conclusions de l’audit de début de mandat confié au cabinet KPMG. Les « investissements tout azimut » de la précédente mandature se sont faits sans véritable stratégie financière et sans plan pluriannuel. La commune doit aussi rembourser 5,1 millions d’euros à la Semac. Si les comptes ne sont pas dans le rouge, l’excédent n’atteint que 300.000 euros et la capacité d’investissement de la commune ne pourra dépasser 93 millions d’euros pour les 6 ans à venir à condition d’une « maîtrise considérable de la gestion ». Or, Saint-Benoît a besoin de 127 millions d’euros d’investissement pour l’avenir. Résultat, la commune se retrouve aujourd’hui avec peu de marges de manoeuvre pour mettre en place son projet.
Jean-Claude Fruteau n’est pas tendre avec l’ancienne mandature. La gestion menée s’apparente pour lui à « une navigation dans le brouillard », « il n’y a pas eu de feuille de route pour une commune de l’importance de Saint-Benoît », renchérit-il, des dépenses ont été engagées sans considérer les crédits disponibles, ce qui « aboutit à une insincérité des comptes ». L’audit d’une centaine de pages pointe ainsi de nombreux dysfonctionnements : absence de plan pluriannuel d’investissement, non respect des procédures d’engagement, dépenses non mandatées, absence d’approvisionnement, absence d’amortissement des subventions d’équipement versées, conséquence 2 millions d’euros de dépenses supplémentaires à inscrire en fonctionnement pour 2008, etc.
En 2006 et 2007, la précédente mandature avait profité de « deux situations exceptionnelles » (la vente de la SEMPRO, patrimoine de la commune qui a rapporté 5 millions d’euros, et une provision de 2 milllions d’euros) pour investir. Ce qui a masqué la situation financière de la commune.
Des bâtiments dans un état lamentable
Comment la nouvelle équipe va t-elle composer avec cette situation financière ? Il lui faudra d’abord rembourser les dettes de la commune à la Semac, ce qu’elle a commencé à faire au premier semestre avec une enveloppe de 2,5 millions d’euros.
Jean-Claude Fruteau souligne que le « patrimoine immobilier de la commune est dans un état lamentable ». Il faut remettre aux normes de fonctionnement les équipements, et des bâtiments comme les 25 écoles sont délabrées. Aucune n’a été construite, seulement 3 ont été réhabilités. Avec ceci, le projet communal doit être mis en oeuvre. La commune ne disposera pas des 127 millions d’euros nécessaires aux besoins de la commune. Dans les scénarios proposés par l’audit, un seul permettrait de réhabiliter les bâtiments et de mener de nouveaux investissements pour le projet de ville. Mais il faudra faire des choix. « Il faudra contenir l’augmentation des charges de gestion courante à 1% chaque année et les charges de personnel à 2% dès 2009 », et limiter les investissements à 93 millions d’euros.
Les marges de manoeuvres de la commune sont réduites. Augmenter les impôts ? « Insuffisant » répond Jean-Claude Fruteau, qui n’envisage pas cette solution. Endettement ? Il n’y a pas le choix, mais « le niveau d’endettement de la commune est déjà contraint ».
Prochaine étape, la réalisation d’un plan pluriannuel d’investissement. Mais le député-maire ne veut pas faire l’impasse sur deux éléments à son sens essentiels. Il veut redonner du pouvoir d’achat au personnel communal non titulaire (85% des employés) et redonner « du souffle à la vie associative sinistrée de Saint-Benoît et lui redonner une autonomie ».
Edith Poulbassia
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