Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
di sak na
5 janvier 2004

Pour tout un monde, borné à l’immédiat, esclave de l’instant qui passe et qui ne veut pas regarder plus loin que le bout de son nez, comme pour tant d’autres, ceux-là condamnés à vivre, ou à survivre, au jour le jour, avec, nous dit l’O.N.U., moins de dix francs par jour, quel sens peuvent encore avoir la célébration du jour de l’an et les vœux de bonne année ?
C’est à se demander, pour les premiers, si ce n’est pas une manière très habile de ne vouloir rien changer du tout, en se contentant de vagues promesses qui de toutes les façons n’engagent personne.
L’emballement croissant pour les "textos", c’est peut-être aussi une manière de ne pas vouloir communiquer réellement : on envoie des messages, on n’attend même pas les réponses, car de toutes façons on n’a pas toujours le temps de les lire.
Ce qui éclate de plus en plus, au grand jour, c’est justement le caractère formel et impersonnel de tous ces vœux. Vous connaissez le mot de Jules Renard, l’auteur de "Poil de carotte", qui nous disait, avec toute sa malice et sa verve habituelles : « Ne me souhaitez pas la bonne année. Souhaitez-moi de faire ce que je commence aujourd’hui et j’aurai passé la meilleure des années de ma vie ».
Courrier des lecteurs
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