Déplacements - Transports

ATR-FNAUT craint un doublement du coût de la route en mer

Aveu d’insuffisance des études de la NRL

Témoignages.re / 23 juin 2017

L’association Alternatives Transport Réunion-FNAUT tenait hier une conférence de presse pour présenter des propositions visant à éviter les surcoûts pour la construction d’une liaison Saint-Denis/La Possession véritablement sécurisée.

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La semaine dernière, les élus du Conseil régional ont voté une première rallonge de 250 millions d’euros pour financer la poursuite du chantier de la route en mer. Hier, l’association ATR-FNAUT a tenu une conférence de presse à ce sujet. Elle note qu’ « avec un cumul d’emprunt de 1,125 milliard, la Région endette les Réunionnais sur 40 ans pour financer le doublement de sa part de Matignon2 - qu’elle avait manifestement déjà prévu : de 700 à 1,4 milliard d’euros).

Cela constitue pour ATR-FNAUT un « aveu de non maîtrise d’un chantier en mer après seulement 25% du viaduc (10 piles sur 48) qui augure d’autres surcoûts pour les 75% restant à édifier et 0% de digue Possession-Grande Chaloupe ». L’association met notamment le doigt sur l’absence de matériaux pour construire la route-digue.

ATR-FNAUT relève également que le CESER a appelé la Région à
ne pas faire payer la facture des surcoûts aux seuls Réunionnais, et que le comité de pilotage scientifique et environnemental n’a pas été consulté sur ces surcoûts…

L’association estime que ces surcoûts vont empêcher d’autres investissements à La Réunion, comme l’extension de l’aéroport de Pierrefonds, ou la réalisation d’une entrée Nord à Saint-Denis susceptible de mettre fin aux embouteillages.

Un marché attribué trop légèrement

Au sujet de l’enquête menée par le Parquet national financier sur les marchés de la route en mer, ATR-FNAUT rappelle que ce projet constitue le plus gros marché européen. Fixé initialement à 133 millions d’euros le kilomètre, la facture ne manquera d’exploser pour atteindre 266 millions le kilomètre, soit 2,5 milliards d’euros. Cela surpasse de loin le coût par kilomètre du viaduc de Millau, ainsi que la facture totale de tous les chantiers routiers terminés à La Réunion.

Pour ATR-FNAUT, le marché de la digue et du viaduc ne pouvait pas être attribué duopole de Bouygues et Vinci « avec seulement 5% des matériaux maîtrisés à la carrière des Remparts sans garantie de fourniture ultérieure tout en éliminant le concurrent Eiffage qui proposait une importation des matériaux auquel l’attributaire et la Région se sont résolu à recourir de Madagascar ».

Sur le terrain judiciaire, ATR-FNAUT a également déposé plusieurs recours contre le projet de route en mer. Quatre vont être jugés en appel par la justice administrative.

La Région doit résilier le marché

L’association s’interroge également sur l’attitude de la Région.

La Région n’a toujours pas donné l’ordre de service de démarrer les travaux de la digue Possession-Grande Chaloupe au groupement GTOI/SBTPC/VinciCT. « Elle se prive ainsi d’un motif d’annulation du marché aux frais et risques des entreprises défaillantes », souligne ATR-FNAUT, « en effet, celles-ci sont toujours incapables d’honorer leur promesse de fournir le chantier en enrochements suivant le planning prévisionnel sur lequel elles s’étaient engagées dans leur offre incomplète : aucun début de digue ni en mi-2016 ni à la mi-2017 sur le principal tronçon ».

« Si la Région veut défendre l’intérêt général, elle se doit de résilier le marché de digue faute de livraison des matériaux à temps et réorienter celui du viaduc sur terre du fait des surcoûts de fondation excessifs », poursuit ATR-FNAUT.

Pour éviter que les Réunionnais soient contraints de payer des surcoûts importants liés à la nature du projet choisi, ATR-FNAUT propose « de le réorienter vers des tracés terrestres mieux maîtrisés ».

Ainsi, la future NRL et le viaduc en cours peuvent se prolonger sous galerie béton en pied de falaise et en tunnels.

« Ces solutions techniques procureront davantage de travail à plus d’entreprises locales et mobiliseront plus d’emplois que ne le font aujourd’hui Bouygues, Vinci ou leurs filiales », précise ATR-FNAUT qui conclut : « nos majors du BTP doivent se repositionner sur un rôle plus utile à la structuration de la filière locale du BTP au lieu de se l’accaparer »



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  • Le prix des marchés publics doivent souvent être modifiés à la hausse pour tenir compte de l’évolution du cout de la construction ou des imprévus qui peuvent survenir pendant le travaux , et le marché de la route du littoral n’échappera pas à la règle. Si bien que l’on peut tout à fait légitimement prévoir presque un doublement de son coût lorsque les travaux seront entièrement réalisés .

    Ce n’est donc pas l’augmentation régulière du cout des travaux qui va nous mener en définitive jusqu’à 3 milliards d’euros qu’il faut contester mais le choix par les décideurs politiques et techniques de la solution la plus chère et la plus risquée alors qu’il y avait d’autres solutions de tracés qui nous aurait coûté beaucoup moins cher et aurait pris moins de temps pour être réalisée .

    je rappelle que lorsque le projet de route en mer avec une partie digue a été présenté au public par les services chargé des études techniques, j’ai proposé dans les journaux au moins deux autres tracés différents , l’un qui avait ma préférence passant à l’air libre depuis La possession jusqu’au village de Ruisseau blanc à la montagne sur une longueur de 7KM et l’autre passant en tunnel depuis ruisseau blanc jusqu’au franchissement de la rivière Saint Denis à une altitude d’environ 180 m puis continuant en tunnel sous le quartier de belle Pierre pour déboucher derrière le lycée de Belle pierre ou dans le parc de la Direction Départementale de l’Agriculture dans le quartier de la providence pour être reliée ensuite au boulevard Sud soit au niveau de la rue du ruisseau des noirs soit au niveau de l’avenue Raymond Mondon , et le second tracé par tunnel intégral d’une douzaine de KM . Pour les deux tracès que je proposais je prévoyais le passage de deux voie de chemin de fer pour permettre le passage du tram train dont le principe avait déjà été adopté par la région et agréé par le gouvernement à l’époque . pourquoi réaliser deux ouvrages quand on peut se contenter d’un seul ?

    Lors de l’enquête publique qui a été effectuée avant l’adoption finale du projet de la route actuelle je suis allé consigné mes observations dans le chier de doléance laissé à la disposition du public et j’ai contesté le projet présenté . je n’ai sans doute pas été le seul à le faire mais il semble bien que les décisions étaient déjà prises et que rien ne pouvait modifier le choix du
    tracé sur la mer .

    Pourtant les solutions que je proposais nous auraient manifestement couté moins cher compte tenu du fait que, la route des tamarins nous a couté pour 36km et plus d’une trentaine d’ouvrage d’art dont certain très important 1, 2 milliards d’euros , soit 450 millions de moins que le cout initialement prévu pour la route actuelle . C’est vrai que la partie tunnel était plutôt difficile à estimer , mais quand on sait que les deux entreprises qui ont été retenues pour la réalisation des travaux de la route en mer maitrisaient parfaitement la technique des tunnels et disposaient déjà à cette époque de tunnelier géant permettant de creuser des tunnels de 15m de diamètre et que l’une d’elle avait réalisé un tunnel de 9 km en chine pour un prix de moins de 300 millions d’euros , on se demande vraiment pourquoi nos décideurs ont malgré tout retenu le tracé en mer sans même faire une estimation sérieuse des solutions proposées en tunnel ou en aérien ..

    C’est ce comportement qu’il faut critiquer et peut être sanctionner aujourd’hui . Car lorsque les hommes politiques ou les techniciens choisissent délibérément des solutions qui coûteront le plus cher à la collectivité ,, ils commettent une faute grave .

    Je suis persuadé que si on avait choisi la solution de passage par les hauts ou en tunnel intégral la nouvelle liaison entre Saint Denis et La Possession serait terminées et les réunionnais ne seraient pas obligés de perdre des heures dans les embouteillages lorsque la route du littoral actuelle est fermée pour cause de grosse pluie ou d’éboulis . le passage par les hauts aurait pu désenclaver près de 1500 ha pour l’habitat ou l’activité artisanale et industrielle et comme on a dépensé beaucoup d’argent pour sécurisé la route du littoral actuelle on aurait pu au moins conserver sa voie côté mer pour offrir une troisième possibilité de franchissement du massif de la montagne et bien entendu une deuxième alternative en cas de problème sur l’une des solutions existantes.

    Les réunionnais sont maintenant entré dans le livre des records pour avoir choisi de construire la route la plus chère du monde alors qu’ils avaient la possibilité de faire un autre choix .Et on peut légitimement se demander si le choix des responsables politiques et techniques qui ont décidé de construire une route en mer dont n n’est pas prêt de voir la fin ont été motivé uniquement par l’intérêt général de la population. Il semble bien que non puisque le agents de la police financières s’interrogent sur ce sujet au point de retenir en garde à vue plusieurs personnes qui ont été les chevilles ouvrières de cette décision de passer par la mer .

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  • Que les prix des marchés publics soient augmentés pour tenir compte des l’évolution du coût de la construction et des imprévus .Quoi de plus normal ? Mais est il normal qu’à l’ile de la Réunion la plupart des marchés publics et en particulier ceux des travaux publics coutent souvent trois ou quatre fois plus chers que ceux qui sont réalisés en métropole ou en Europe pour des ouvrages similaires ?.

    En 2010 avant les élections régionales, j’ai fait une petite étude comparative entre les travaux routiers réalisés à la Réunion et ceux réalisés en métropole sur une même période , et j’arrivais à la conclusion que les marchés de travaux publics coutaient beaucoup plus cher à la Réunion alors que le foncier est beaucoup moins cher qu’en métropole et que les salariés de la réunion sont payés généralement entre 20 et 30% moins cher que leurs collègues de métropole pour une qualification identique et pour des difficultés techniques identiques .

    Certes il est difficile de comparer les travaux de la route du littoral avec des chantiers similaires en France métropolitaine . car le travail en mer exigent des compétences particulières , mais malgré tout il y a des éléments de comparaison , notamment le pont de Millau et le creusement du tunnel sous la manche . Mais même si ces deux chantiers sont tout à fait exceptionnels d’une manière générale ils ont coûté beaucoup moins cher que les travaux publics réalisés à l’île de la Réunion .

    Jai fait publier une lettre ouverte dans la presse pour attirer l’attention des élus sur ce problème du surcoût des travaux publics dans notre département , et j’ai même envoyé un courrier à l’adresse personnel de tous les candidats aux élections régionales
    pour les inviter à être vigilants sur cette question s’ils étaient élus, et les informer des diverses solutions que je préconisais pour la nouvelle liaison routière entre Saint Denis et La Possession et notamment de la possibilité de réaliser un seul ouvrage pour faire passer la route et le tram train , que l’on décide de passer par les hauts , de passer par un tunnel intégral ou de passer par un viaduc situé à une trentaine de mètres au dessus de l’eau,mais hélas toute mes démarches ont été vaines.

    Si bien que je me demande si la logique suivie par les décideurs de la Réunion n’étaient pas de faire passer à tout prix le projet le plus cher , le plus long à réaliser mais aussi le plus difficile à réaliser et le plus risqué qu’ils avaient préparer , ce qui permettrait de justifier toutes les demandes de rallonges qui seraient présentées par les constructeurs .

    Notre route du littoral actuellement en construction est indiscutablement la route la plus chère du km au monde mais devant le montant qu’il faut lui attribuer pour augmentation des prix et imprévus , je me demande si elle n’est pas en train de devenir la plus grosse pompe à fric jamais mise en place dans le cadre de la réalisation d’un marché public .

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