Transports aériens

Boeing 787 d’Air Austral : les enfants terribles arrivent à La Réunion

Livraison du premier Dreamliner destiné à remplacer le Boeing 777-200 LR

Manuel Marchal / 25 mai 2016

Air Austral a acquis auprès de Boeing deux 787 qualifiés d’enfants terribles par les professionnels de l’aéronautique. Ces modèles appartiennent en effet à la toute première série des Dreamliners.

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Les premiers 787 ont passé plusieurs années sur un parking. (photo airportspotting.com)

C’est aujourd’hui que doit normalement se poser à La Réunion le premier des deux Boeing 787 qu’Air Austral a acquis auprès de Boeing, notamment pour remplacer le Boeing 777-LR, avion très polyvalent dont l’exploitation avait été lancée par l’ancienne direction de la compagnie réunionnaise. Au moment où l’actuelle direction d’Air Austral, qui était encore présidée par Didier Robert, avait annoncé la nouvelle, Témoignages s’était lancé sur la piste de ces avions. Voici ce que nous écrivions en 2015, sur la base d’informations publiées dans le Seattle Times, journal de la grande ville proche des usines Boeing :

Boeing 787 soldés à la place d’un 777 dernier cri ?

« Boeing lutte pour trouver des acheteurs pour 11 de ces premiers B787 Dreamliners, d’une valeur totale estimée à 1,1 milliard de dollars », écrit le Seattle Times, « les clients originaux ont refusé d’acheter ces avions à problèmes, qui sont plus lourds que les modèles récents. Boeing cherche de nouveaux acheteurs »

De plus, ces Boeing ne sont pas totalement construits. Ainsi selon le Seattle Times, ces B787-8 sont stationnés depuis environ 4 ans en plein air à Everett. Du plastique noir obstrue les fenêtres, et des contrepoids de 7,7 tonnes sous les ailes permettent aux avions de rester en place.

Boeing a commencé à construire ces Dreamliners avant d’avoir la certification fédérale en 2011, ils ont donc besoin de nombreuses réparations pour répondre aux normes américaines, explique le Seattle Times.

Pour ne pas que ces avions lui restent sur les bras, Boeing a donc commencé à redonner un coup de fraîcheur à ces jets qui traînent sur un parking. Boeing a approché des compagnies d’Indonésie, de Malaisie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, a confié un membre de Boeing au Seattle Post. Boeing va devoir casser les prix pour s’en débarrasser. Alors que le prix d’un B787-8 est de 212 millions de dollars, ces jets sont estimés à 115 millions, selon Douglas Kelly, vice-président de Avitas, société de consultants en aéronautique, cité par le journal de Seattle. Avitas pense qu’en négociant, une compagnie aérienne peut obtenir un rabais supplémentaire de 10 %, soit un prix proche de 100 millions de dollars. C’est donc quasiment moitié prix. C’est bien plus que la remise accordée par un commerçant pour un modèle d’exposition. Mais la différence de prix s’explique. Par exemple, ces avions ont une autonomie inférieure de 1850 kilomètres par rapport au B787-8 normal. Cette perte de performance ne permet donc pas à ces modèles d’avoir une consommation inférieure de 20 % sur d’autres avions de taille comparable. Air Austral est donc la première compagnie a faire une commande ferme sur ces appareils singuliers.

Situé un peu plus au Nord de Seattle, notre confrère canadien du Globe and Mail n’y va pas de main morte. Selon lui, ces avions invendus stationnés sur un parking « étaient le symbole visible du retard pris par le programme Dreamliner ».

Réunion Première confirme, mais pas pour ses téléspectateurs…

Cette information a été confirmée hier sur le site de Réunion Première, qui malheureusement ne l’a pas évoquée dans son journal télévisé du soir : « les deux avions achetés par Air Austral ne font pas partie de la nouvelle génération de Dreamliner. Les futurs 787-8 étaient stockés depuis 5 ans dans des hangars et attendaient de trouver preneur. Huit autres de ces avions viennent d’être achetés par Ethiopian Airlines ; d’où le prix défiant toute concurrence, 100 millions de dollars contre 218,3 millions au prix catalogue… ».

Et d’ajouter qu’en 2014, « une inspection minutieuse des Dreamliner à livrer, relève des fissures de la taille d’un cheveu sur les ailes de plusieurs avions qui viennent de sortir d’usine ». Sans oublier « la perte d’une partie du fuselage sur un avion d’Air India et toujours sur cette compagnie, un pare-brise qui se fissure lors d’un atterrissage à Melbourne en Australie ». 

Dommage que les téléspectateurs aient été privés d’une telle nouvelle.

L’article du site de Réunion Première répertorie toute une série d’incidents qui ont touché les 787, et sont allés jusqu’à l’arrêt d’un réacteur General Electric en plein vol.

Ces différents problèmes sont à mettre sur le compte d’un avion qui comprend de nombreuses innovations technologiques, indique Boeing, qui met en œuvre les mesures correctives pour empêcher de nouveaux incidents.

L’expérience montrera si les deux 787 voudront mieux qu’un 777-200 LR. En tout état de cause, le Dreamliner n’a pas réussi à rejoindre La Réunion sans escale depuis Seattle, à la différence du 777, mais ce sont des avions différents…

M.M.

Voir en ligne : http://la1ere.francetvinfo.fr/reuni...



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Messages






  • Le B777-200LR peut relier Seattle à la Reunion car c’est l’avion commercial au plus long rayon d’action ce qui n’est pas le cas du Dreamliner donc Escale à Paris obligatoire.
    Cela reste une action révisé et corrigé avant sa livraison à Air Austral.Le B777-200LR etait un appareil en surcapacité sur les routes auxquelles il était affecté. Le B787 est un modèle intermédiaire répondant à la demande ainsi qu’aux attentes d’air Austral. Partons confiant les experts ont fait ce choix pour une raison faisons leur confiance avant de juger des choix qui fait sous l’ancien directoires n’avaient pas eu grand intérêt.
    Bravo Air Austral et bonne chance pour la suite

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  • C’est beaucoup de supposiyion sur cette avion, il fait peut etre parti dds premiers sa ne veut pas dire qu’il a des soucis.

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  • Boeing 777-200 LR est actuellement le seul avion qui soit capable de décoller de la piste de Mayotte et d’atterrir en Europe sans escale en transportant 362 passagers. Mais ce n’était pas sa seule vocation. Il devait desservir les lignes entre La Réunion-Marseille, La Réunion-Lyon, La Réunion-Nantes-Bordeaux-Toulouse pour un coût moins élevé que le 777-200ER ou le 777-300. La rentabilité des lignes avec les villes de province est si faible que XL Airways s’est empressé de récupérer la ligne La Réunion-Marseille (humour). Cette histoire de surcapacité est un faux problème, car avec les villes de province, avec la départementalisation de Mayotte (hausse du niveau de vie) et la hausse de la population de Mayotte cet avion aurait toujours été rempli. Les Réunionnais et les Mahorais méritent mieux que les 787 terribles teens.

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  • Les 787 d’Air Austral sont motorisés en Royce Rolls et non Général Electric...
    Souhaitons bon vent ou plutôt bon vol à cette nouvelle acquisition d’Air Austral
    Cela dit, il est vrai que le 777-200LR était un avion de premier choix...

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