26 août 2005
Depuis quelques jours, le dialogue social est bloqué sur les quais du port. Les revendications des travailleurs de la SERMAT, soutenus par les dockers et les autres salariés de l’enceinte portuaire, ne sont pas pour le moment entendues par la direction. Par contre, ce que l’opinion entend, ce sont des messages affirmant que deux jours de grève d’une minorité de travailleurs suffisent à amorcer la paralysie économique de toute l’île, ce qui sous-entend que si la grève dure encore quelques jours, des dizaines de milliers de personnes seront au chômage technique.
Comment ne pas s’étonner d’un tel discours ? En effet, il est exagérément alarmiste, et en plus il ne cherche pas à établir les responsabilités du conflit. Car ne l’oublions pas, la grève est le moyen d’expression ultime par lequel un travailleur sacrifie une partie de son salaire pour pouvoir se faire entendre ses revendications. Et si des salariés sont contraints d’exercer ce droit constitutionnel, c’est que les dirigeants de leur entreprise ont forcément une responsabilité dans l’échec du dialogue social.
Mais force est de constater qu’au lieu d’informer l’opinion sur les tenants et les aboutissants du blocage des quais, on cherche davantage à présenter les grévistes comme des empêcheurs de travailler en rond, comme des preneurs d’otage en quelque sorte. D’où cette question : chaque fois qu’un travailleur du port est contraint de faire grève, va-t-on systématiquement l’accuser de tous les maux sans l’écouter ?
Manuel Marchal
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