Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
24 juillet 2010, par

"Témoignages" a publié hier les chiffres effarants des montants engagés de par le monde dans le développement, l’entretien et le renouvellement des équipements militaires.
Un bilan qui montre qu’avec plus de 1.500 milliards de dollars, les États ont alimenté leurs armées d’une somme à peu près équivalente à celle que les USA ont injecté dans les circuits économiques et financiers, dans le seul but de prévenir leur effondrement définitif.
Nourrir ceux qui ont faim coûterait 40 fois moins cher, selon la FAO, qui estime à 40 milliards environ le budget nécessaire à l’éradication de la famine dans le monde.
Ce n’est un secret pour personne : infiniment généreux envers les banquiers en faillite, les marchands de canons et les hommes en uniforme, les États ont des oursins dans les poches lorsqu’ils se retrouvent au chevet des affamés. Lors d’un sommet international tenu en 2008, leurs représentants juraient ne pouvoir réunir tous ensemble que 6,5 milliards de dollars. Et encore : il ne s’agissait là que de promesses de dons.
Le Nord, disaient-ils, n’avait plus d’argent. Le Nord faisait pitié.
Quelques jours plus tard, Lehman Brothers s’effondrait : volant au secours d’un système corrompu et malade, les grandes puissances annonçaient des versements de plusieurs centaines de milliards aux établissements bancaires.
La hauteur des investissements alloués aux armes et aux armées pour l’année 2009 provoque une inquiétude qui va bien au-delà du banal constat du cynisme des États. Car l’envol des budgets militaires en temps de crise signifie tout simplement que la puissante industrie d’armement est mise à contribution pour relancer l’économie. Or, comme toutes les marchandises, les armes doivent être utilisées pour être remplacées. Et utiliser les armes, cela s’appelle faire la guerre.
Il y a un peu plus de 70 ans, dans la tourmente d’une crise fort comparable à celle qui nous frappe aujourd’hui, un tyran en uniforme demandait à son peuple : « voulez-vous du beurre ou des canons ? ». À cette question, les foules mises en scène par les films de propagande réclamaient bien entendu « des canons ».
On sait comment l’affaire s’est terminée.
G.G-L
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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