Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
24 février 2007

Il se passe parfois chez nous de drôles de choses ! Et les magistrats, que l’on pourrait croire gens sérieux, uniquement préoccupés à traquer les malfrats et autres déviants nuisibles, se laissent quelquefois aller à des fantaisies... pas forcément drôles d’ailleurs, lorsqu’il s’agit de procès politique.
Mais il ne s’agit pas ici d’un nouveau procès politique. Il est arrivé que l’ancien procureur au tribunal de Saint-Pierre, volant au secours de l’ancien maire du Tampon, fasse comparaître une septuagénaire domiciliée à la Plaine des Cafres pour « entrave à l’exercice des fonctions d’agent de l’Inspection sanitaire vétérinaire ».
La “vieille dame indigne”, Paule Louise Albertine Pérez, hébergeait chez elle, à l’époque - c’était en 2003 - une vingtaine de chiens, qu’elle soignait en qualité d’« éleveur amateur occasionnel ». Mais au lieu de vivre en chenil, les chiens partageaient avec elle les 180 mètres carrés d’une grande bâtisse qu’elle louait depuis 1994 à l’ancienne APECA.
Les choses se sont gâtées lorsque le maire, bien que déjà débouté par le Conseil d’Etat pour avoir voulu exercer un “droit de préemption” jugé non fondé, a pensé pouvoir, par le même moyen, déloger l’éleveur atypique et ses chiens, accusés de troubler la tranquillité du voisinage.
André Thien Ah Koon a donc voulu préempter et expulser la vieille dame récalcitrante. Mais l’APECA était devenue entre temps (1999) l’AATE, et le maire du Tampon n’aurait jamais pu faire valoir son titre de propriétaire. La vieille dame prend un avocat, qui établit en appel que l’expulsion est illégale. Mme Pérez dit par ailleurs ne pas être opposée à un relogement, si l’on sait y mettre les formes. Ce qui n’était pas le fort du précédent maire, plus porté sur les expéditions punitives. C’est comme ça que la septuagénaire, dénoncée à la Direction des services vétérinaires, a vu un jour débarquer chez elle une escouade d’agents de la DSV et de gendarmes, auxquels elle s’est opposée de toutes ses faibles forces. Invectives, cris... On lui enlève des chiens qui seront conduits à la fourrière (de la Communauté des communes du Sud, présidée alors par... Thien Ah Koon) et qu’elle ne reverra pas vivants. La vieille dame raconte qu’elle s’est fait secouer comme un prunier par les gendarmes, mais elle tient tête et doit s’en expliquer à la barre du tribunal de Saint-Pierre.
L’avocat réussit à faire valoir que l’éleveur était chez elle, et pas dans un chenil, qu’il y a eu violation de domicile assortie de violence, et André Thien Ah Koon est une nouvelle fois débouté... en novembre 2006. Entre temps, il n’était plus le maire.
Mme Pérez pourrait croire qu’elle en a fini avec les ennuis, mais rien n’est moins sûr. Elle est au centre d’un feu croisé de procédures judiciaires. Accusée de « tapage diurne » pour avoir usé d’une sono concurrentielle le jour où, en décembre 2004, Thien Ah Koon a inauguré les “grands kiosques de l’artisanat”, la septuagénaire coriace a répondu sur le même terrain : plainte contre le procureur ami de Thien Ah Koon, pour rétention de ses pensions ; re-plainte contre les gougnafiers anonymes qui, en novembre 2006, ont arrosé d’herbicide son jardin et ses chiens.
C’est un p’tit coin tranquille le Tampon...
P. David
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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