Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Sur le blog de Paul Vergès
17 août 2011

Si l’on veut essayer de discerner de quoi les années à venir seront faites, et au sort de chaque personne, où qu’elle soit dans le monde, il faut évidemment réfléchir au développement des aspects de la crise mondiale.
On a connu des périodes d’accélération, des signes d’aggravation de la crise. On se rappelle la période d’affolement des bourses mondiales, suite à l’accord entre la Chambre des Représentants et le Sénat américains sur l’autorisation d’augmenter le niveau de la dette américaine et les conditions pour que tout l’appareil économique ne soit bloqué.
Ce moment d’affolement correspond non seulement à un accord in extremis au Parlement des États-Unis, mais surtout à la décision d’une agence de notation de baisser, pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, la note de la crédibilité de son économie, la passant de AAA à AA.
Une phase de répit
Cette période d’affolement a duré 11 jours, durant lesquels le monde a eu la hantise du fameux krach boursier. Après 11 jours d’affolement, on a connu quelques jours de répit et l’on est actuellement dans une phase d’attente, avant des rendez-vous qui s’avèrent toujours sombres.
En effet, tous les observateurs indiquent que l’accord conclu entre le Parlement américain et le Président Obama est un accord fragile, temporaire, puisqu’il faudra en rediscuter les termes dans quelques mois, c’est-à-dire à la veille des élections présidentielles américaines.
Et le fait que la FED (la Banque fédérale américaine) ait décidé d’accorder des crédits à un taux extrêmement bas montre que le danger se maintient d’une nouvelle aggravation de la crise, d’autant plus que le chômage augmente et que la croissance américaine baisse.
L’Europe pleinement concernée
Les répercussions de cet ébranlement de la plus grande puissance capitaliste mondiale concernent bien évidemment la situation dans l’Union européenne. Le fameux accord du 21 juillet concernant la dette de la Grèce ne sera pas appliqué avant septembre, puisque tous les gouvernements de la zone euro doivent l’approuver.
Tout cela souligne la fragilité de la situation en Europe, à tel point que, au-delà de la crainte de la situation en Irlande, au Portugal, en Espagne et en Italie, la rumeur a atteint la France : rumeur sur la fragilité du système bancaire français, révélation de la très faible croissance du 2ème trimestre (équivalente à zéro). Et le fonds de solidarité européen a commencé à rembourser la dette italienne, au prix d’une décision du gouvernement et du Parlement italiens de renforcer encore leur politique de rigueur.
Tout cela montre que l’avenir proche va dans le sens d’une aggravation générale, et que les mesures européennes de sauvetage ou d’assistance, etc. ne feront qu’augmenter les menaces sur le déficit, laissant en cela se dessiner un avenir de plus en plus sombre.
Un déficit français qui augmente
La conséquence pour la France est que la première mesure de solidarité envers la Grèce va se traduire par une somme de 15 milliards d’euros, alourdissant ainsi la dette publique française. Et la croissance nulle au deuxième trimestre signifie aussi le recul des recettes publiques. Tout cela provoque des rencontres extraordinaires entre le président de la République et son Premier ministre et le ministre des Finances.
Or, dans quelques jours, le 24 août exactement, seront annoncées les mesures prises par le gouvernement pour le Budget de l’année 2012. Celui-ci doit faire face à une situation de plus en plus détériorée.
Et tout cela pendant que, sur le plan européen, la rencontre entre le président de la République française et la chancelière allemande va tenter de faire face à de nouveaux sacrifices à consentir dans la zone euro.
Un Budget 2012 d’une extrême rigueur
Il faudra être attentifs aux nouvelles mesures du gouvernement sur ce Budget 2012. Quelle sera l’ampleur des nouveaux sacrifices imposés aux couches sociales françaises, non seulement aux plus pauvres (chômeurs, travailleurs au salaire bloqué), mais aussi aux couches moyennes (fonctionnaires, responsables des TPE et PME, etc.? Tout cela dans le contexte où toutes les mesures prises se traduiront pas des prêts qui devront être remboursés.
C’est donc une crise majeure qui s’annonce et qui durera des années et des années, et cela doit être sujet de réflexion, au-delà de toutes nouvelles diffusées quotidiennement par les télévisions, les radios ou les journaux.
Résister et réorienter les politiques
Une fois de plus, la résignation et le découragement ne sont pas la solution pour l’avenir : il faut changer d’orientation pour faire face à la crise. Les plus pauvres ne doivent pas en être — une nouvelle fois — les victimes ; mais cela doit interpeller ceux qui sont à la base de cette politique qui a amené cette crise : les grandes banques, les grandes entreprises, etc.
Pour changer, il faut résister sans attendre, d’autant plus que les rendez-vous pour la décision d’une réorientation de tout l’État français se rapproche : dans moins de 10 mois, nous choisirons qui sera à la Présidence de la République, et quelques semaines plus tard, celles et ceux qui composeront la majorité à l’Assemblée nationale. Il n’y a pas d’autre solution que de résister.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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