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15 octobre 2009
Les multiples suicides à France Télécom mais aussi au Ministère de l’Energie (ce dont on parle peu) ont mis en avant la question de la souffrance au travail.
Cette souffrance au travail vient, pour l’essentiel, des méthodes de management qui visent la rentabilité financière à court terme via une pression maximale sur les salariés.
Le salarié n’est qu’un coût qu’il convient de baisser au maximum pour en tirer le maximum de profit.
L’individualisation des rapports salariaux pousse à la concurrence entre les salariés et détruit le “vivre-ensemble” nécessaire à la cohésion du collectif du travail.
Aujourd’hui, cette mise en concurrence fait des ravages dans le cadre de la mondialisation.
Le “mal travail” coûte à la collectivité nationale 80 milliards d’euros, soit 4% du PIB. Le coût des accidents du travail pour l’année 2008 est d’environ 29,5 millions d’euros contre près de 33 millions d’euros en 2007.
Il y a là, manifestement, une interpellation solennelle et du patronat et du gouvernement.
Les accidents du travail engagent la responsabilité de l’employeur. Ainsi le Code du Travail et la jurisprudence affirment que l’employeur a une obligation de résultat quant à la sécurité et la santé de ses salariés.
Or, ce qui s’est passé dans l’échec de la négociation du protocole d’accord relatif à la modernisation de la médecine du travail prouve que le patronat pense d’abord à protéger ses intérêts, au détriment des droits fondamentaux et de la santé des salariés. Particulièrement préoccupant est le refus de celui-ci d’aborder la question du financement des services de santé au travail. Le système actuel qu’il contrôle se caractérise par son opacité et de multiples inégalités.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) et stress, les troubles socio-psychologiques prennent de plus en plus une place importante dans les accidents du travail et maladies professionnelles.
Le salarié est victime, à plusieurs égards, de cette non prise de responsabilité par le patronat.
Ainsi, une des premières réparation, c’est l’indemnisation de la perte de salaire due à l’accident. Malheureusement, la réparation n’est que forfaitaire et ne correspond en rien au préjudice subi.
Par ailleurs, suivant les différentes conventions collectives, beaucoup d’accidentés ont, souvent, de grosses pertes de revenu.
S’ajoute à cela, pour toutes les victimes, un autre scandale, celui des retenues liées aux franchises médicales. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, l’annonce d’une augmentation du forfait hospitalier et de l’éventuelle fiscalisation des indemnités d’accident du travail vient boucler la boucle de l’injustice de classe.
Si l’on y ajoute que la perte de revenu est aggravée par la sous-déclaration des accidents du travail, la coupe est plus que pleine.
Il s’agit bien aujourd’hui de revoir l’organisation et les modes de fonctionnement des entreprises.
Les syndicats sont également appelés à mieux prendre en compte, au-delà de l’emploi et des salaires, cette problématique. A la CGTR, dès 2004, nous lancions une campagne de mobilisation d’un mois sur le thème “Souffrance au travail et harcèlement moral”.
Nous sommes aujourd’hui à un carrefour : hier, le travail acte libérateur, par lequel l’Homme s’accomplit, devient aujourd’hui acte destructeur de la personnalité humaine.
Il s’agit d’une question sociétale de la plus grande importance et notre capacité à y répondre conditionne le devenir de notre société, par ailleurs essentiellement salariale.
C’est dire toute la souffrance au travail. C’est dire la nécessité de repenser totalement et profondément le Travail. C’est dire les limites de process de travail qui broient l’être humain pour servir Mammon, le Dieu Argent.
La situation ne peut plus durer à tel point que le gouvernement, peu enclin à se pencher sur le sort de la “France d’en bas”, aujourd’hui est obligé de sortir du bois.
Pour ce qui nous concerne, au préalable, il convient de revaloriser véritablement le Travail. Pas à la mode Sarkozy, mais lui donner sens, à savoir permettre au salarié de s’accomplir (et de s’insérer dans la société) par l’acte conscient de transformation du matériel et de immatériel.
L’accord sur la prévention du stress du 2 juillet 2008 doit être transcris d’urgence.
Les salariés doivent, quelle que soit la taille de leurs entreprises, avoir la garantie d’être protégés dans leur intégrité physique, moral et psychologique.
Des CHSCT inter-entreprises doivent voir le jour pour les salariés des très petites entreprises.
Leurs moyens financiers, matériels et humains doivent être sur-multipliés tant les retards sont grands.
Il faut donner des moyens supplémentaires à l’Inspection du Travail, aux contrôleurs de la CGSS, à l’Arvise….
Ne perdons pas notre vie à la gagner !
Le Secrétaire général de la CGTR
Ivan Hoareau
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