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Après l’annonce par Jacques Chirac d’une journée du souvenir de l’esclavage
14 décembre 2005

Dans une série de réponses aux lecteurs du “Parisien/Aujourd’hui en France” publiées hier par ce journal, le président de la République se dit ’favorable’ à l’instauration d’un jour du souvenir pour les descendants d’esclaves. Françoise Vergès, vice-présidente du Comité pour la Mémoire de l’esclavage (CPME), se félicite de cette prise de position ; cependant, elle souligne que cela ’doit être une journée ’nationale’, qui ne doit pas seulement concerner les descendants d’esclaves mais tous les citoyens’.
Le président Jacques Chirac se dit "favorable" à l’instauration d’un jour de souvenir pour les descendants d’esclaves, dans une série de 50 réponses à des questions de lecteurs publiée le mardi 13 décembre dernier dans “Le Parisien/Aujourd’hui en France”.
"Chez beaucoup de nos compatriotes, notamment d’Outre-mer, la question de l’esclavage est vécue comme une blessure personnelle et identitaire" et "pour beaucoup, il y a un besoin de reconnaissance de ce passé douloureux qui a été trop souvent et trop longtemps laissé, en quelque sorte, dans l’oubli", souligne-t-il dans l’édition du quotidien parisien parue hier.
Le chef de l’État souhaite que "cette question de mémoire" soit "traitée dans la sérénité et dans un esprit de rassemblement". Car "ce qui est en jeu, c’est d’assumer notre histoire avec ses grandeurs, dont nous devons être fiers, mais aussi avec ses épreuves", souligne-t-il, en plein débat sur l’article de loi qui demande à l’école de mentionner "le rôle positif" de la colonisation.
Assumer son Histoire rend plus fort
"Quand on assume son Histoire avec lucidité, on est toujours plus fort", rappelle le président français, qui juge aussi "essentiel" que cette question de l’esclavage "ne soit pas détournée de son objet, qui est noble, pour alimenter des dérives communautaristes".
Jacques Chirac recevra "dans les prochaines semaines" l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, présidente du Comité pour la Mémoire de l’esclavage (CPME), qui avait proposé la date du 10 mai pour commémorer chaque année ce crime contre l’humanité.
Des propositions à appliquer
“Témoignages” a demandé à Françoise Vergès, vice-présidente du CPME, ce qu’elle pense de cette prise de position du chef de l’État. Pour elle, "la réponse du président de la République à la question sur un "jour du souvenir pour les descendants d’esclaves" est la reconnaissance au plus haut niveau de l’État du travail du CPME sous la présidence de Maryse Condé, dont le rapport fut remis le 12 avril 2005 au chef du gouvernement".
Elle ajoute que "les propositions du CPME en matière d’enseignement, de la recherche, de la culture et, bien-sûr, pour une journée nationale de commémoration que nous avons voulu appeler "Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions" sont fortes et claires. Elles permettront, une fois qu’elles seront appliquées, de profondément transformer le terrain".
Des questions de débat public
Cependant, Françoise Vergès "insiste" sur un point : "c’est une journée "nationale", qui ne doit pas seulement concerner les descendants d’esclaves mais tous les citoyens car seule une inscription au niveau national signalera que cette histoire n’est pas seulement celle des originaires de l’Outre-mer mais celle de tous".
L’historienne ajoute qu’"aujourd’hui, certains voudraient profiter de la dynamique amorcée par les associations, des élus et le CPME. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que pour la première fois en France, ces questions sont devenues des questions de débat public".
Et Françoise Vergès de conclure : "C’est là une victoire pour celles et ceux qui vivent dans les DOM et les originaires d’Outre-mer en France qui n’ont jamais cédé devant la loi du silence et ont œuvré sans relâche pour que cette histoire soit reconnue, pour que celles et ceux qui se sont battus contre un système inique et inhumain soient honorés".
L. B.
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Mi koné pa kossa zot i panss kan zot lé an parmi. Mi oi bien zot i rogard lé z ‘inn épi lé zot. Mi oi bien tazantan sa i di azot kékshoz. Tète-la (…)
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