Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
’2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté’
29 juillet 2011

Le dimanche 17 juillet dernier, l’anthropologue saint-leusien Georges Tergémina a participé avec l’historien Philippe Bessière à une conférence-débat à La Chaloupe Saint-Leu sur le soulèvement de nos ancêtres esclaves dans le Sud-Ouest de l’île en 1811 avec leur dalon Élie. ’Témoignages’ a interrogé Georges Tergémina sur les thèmes de son intervention.
• Lors de cette rencontre publique, vous avez notamment répondu à deux questions au sujet des esclaves révoltés de Saint-Leu : qui sont-ils et d’où sont-ils ? Quelles furent vos réponses ?
- J’ai d’abord souligné le contexte esclavagiste très dur de cette révolte ; un contexte où nos ancêtres esclaves vivaient de façon très pénible, comme des exclus de la société. Ils se sont donc soulevés contre leurs mauvaises conditions de vie en voulant être libres. Il faut se rappeler aussi que ce soulèvement s’est produit lors de l’occupation de l’île par les colonialistes britanniques, qui ont maintenu en place le système esclavagiste instauré par les colonialistes français et qui ont instauré chez nous comme en Inde les camps de Noirs, souvent appelés "camps de bois de nèfles" dans de nombreuses communes.
La plupart des esclaves révoltés étaient d’origine afro-malgache et les meneurs de cette sédition venaient d’une tranche d’esclaves à talent, comme le forgeron Élie et ses frères utérins. Ils ont essayé de ramener les autres esclaves à leur cause.
• Que devons-nous retenir de cet événement majeur de notre Histoire durant la période esclavagiste ?
- Tout d’abord que cette révolte fut longtemps étouffée de notre mémoire historique et qu’il a fallu attendre 1966, avec la série d’articles publiée à ce sujet dans "Témoignages", pour que ce temps fort de notre passé soit rappelé aux Réunionnais au cours du 20ème siècle.
Ensuite, malgré l’échec de ce soulèvement de 1811, durement réprimé par l’État colonial de l’époque, il faut à la fois souligner le courage admirable des esclaves révoltés et s’interroger sur les causes de leur échec, pour en tirer des enseignements.
Enfin, je tiens à rappeler que la notion de liberté est fondamentale dans notre existence d’êtres humains. Et nous y aspirons toujours aujourd’hui en tant que Réunionnais. Quand on asservit des peuples, il faut s’attendre en permanence à des soulèvements.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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