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27 août 2010
Le maire, premier employeur de La Réunion ? Ce n’est un secret pour personne et ce n’est pas nouveau. Une réalité qu’a pourtant l’air de découvrir Georges Tron, secrétaire d’État à la fonction publique qui a séjourné dans notre île pendant 48 heures. Ignorance ? Manque d’intérêt d’un haut dignitaire venu avant tout faire campagne pour l’UMP ? Le secrétaire d’État a eu en tous cas le culot de faire la leçon aux élus de La Réunion… sans songer un instant à sa propre responsabilité.

Le secrétaire d’État a eu en tous cas le culot de faire la leçon aux élus de La Réunion… sans songer un instant à sa propre responsabilité. (photo MM)
Avec environ 30.000 personnes employées (77% des agents de la fonction publique territoriale), les communes pourvoient un nombre d’emplois décisifs à La Réunion. Souvent décrié par le discours populiste, ce rôle trouve son origine d’abord dans la carence de l’État. En effet, la puissance publique n’assume pas son rôle, qui, dans le cadre de la compétence étatique de la politique de l’emploi, consisterait à créer les conditions pour sortir La Réunion du chômage de masse, presque 4 fois plus élevé que dans l’Hexagone. Face à cette situation, les maires font face à l’urgence, en exploitant au maximum la possibilité de créer de l’activité sur le territoire de leurs communes.
Le conseilleur n’est pas payeur
Qu’en dit M. Tron ? Qu’« il faut se méfier ». Que « les dépenses de personnel du budget de fonctionnement d’une commune ne doivent pas dépasser les 55% », et que « quand on fait exploser ses marges de manœuvre, les difficultés vont croissantes (sic) ». Et, cerise sur le gâteau, « qu’il ne faut pas faire de l’emploi public la solution au problème de l’emploi ». Déclaration qui frise le cynisme, de la part du représentant d’un gouvernement UMP qui a porté les coups les plus durs au monde du travail, rendant plus rares encore les opportunités d’emploi. Et a ratifié la décision des représentants de l’UMP à La Réunion, qui ont en toute connaissance de cause annulé le plan de relance réunionnais, supprimant au bas mot 6.000 emplois…
Geoffroy Géraud-Legros
Trois petits tours et puis s’en vont..
Un ministre et un secrétaire d’État s’en vont, après de coûteux séjours surtout consacrés à faire campagne et à régler des différends au sein de l’UMP locale. Venus tenir des meetings — l’un a eu lieu à Saint-Pierre l’autre à Sainte-Marie —, ils auront enrobé leurs visites de déclarations inconsistantes et de visites purement protocolaires. Sans aucun égard pour les grands dossiers de l’actualité réunionnaise : rien, du côté de Châtel-Tron, sur la réforme de la mobilité pourtant annoncée par le CIOM. La fonction publique territoriale ? “Pas là ek ça”. Spécificités réunionnaises dans la réforme des retraites et des suppressions de postes dans la fonction publique ? Connaît pas. La surrémunération ? Paroles, paroles, paroles. Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au Commerce, aurait de son côté purement et simplement renoncé à son voyage. Pourtant, les sujets ne lui auraient pas fait défaut : difficultés du Groupe Caillé, problèmes de l’opérateur Zéop, qui témoignent du poids persistant des monopoles etc. À voir le déroulement des déplacements précédents, l’annulation de ce dernier nous épargnera, au moins une nouvelle mascarade.
G.G.-L.
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