Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
24 juillet 2008, par

Les Nations Unies tirent la sonnette d’alarme sur la situation actuelle dans la Corne de l’Afrique où quelque 14.6 millions de personnes sont menacées par un ’désastre’ humanitaire. La sécheresse associée à la montée en flèche des prix des produits alimentaires et du carburant est à l’origine d’une grave crise alimentaire
« De larges parties de la Cornes de l’Afrique, en particulier en Ethiopie, en Somalie, en Erythrée, à Djibouti, en Ouganda et au Kenya sont aujourd’hui confrontées à une situation d’urgence humanitaire ou glissent rapidement vers une telle situation », a affirmé a indiqué le secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies (ONU) aux affaires humanitaires, John Holmes.
Situation d’urgence alimentaire
Il a ensuite fait observer qu’en sus de la hausse vertigineuse des prix du carburant et des produits alimentaires, les déficits pluviométriques récurrents remettent en cause les moyens d’existence de millions d’individus qui ont déjà de grandes difficultés à survivre.
Au moins 2.6 millions de Somaliens sur une population de 10 millions d’habitants font face à une grave crise alimentaire, mais ce chiffre pourrait augmenter jusqu’à 3.5 millions d’ici la fin 2008. En outre 4.6 millions d’Ethiopiens ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence à cause d’une grave sécheresse selon les Nations Unies. Au Kenya, 1.2 millions de personnes ont un besoin urgent d’aide alimentaire. La production agricole du pays a considérablement diminué. On estime que 70% de la population kenyane subit sévèrement les conséquences de la hausse des prix des biens alimentaires. En Ouganda, 707.000 personnes font face à la famine dans la région de Karamoja (nord-ouest) selon la même source.
On retrouve au nombre des personnes touchées, 75.000 enfants atteints de grave malnutrition et nécessitant une alimentation complémentaire d’urgence. Les personnes les plus affectées sont les mères et leurs enfants.
Le prix du riz enregistre un bond de 350% en Somalie
« D’un point de vue humanitaire, la situation est inacceptable », a martelé le sous-directeur de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) le Dr Eric Laroche, dans un communiqué reçu vendredi dernier, à Nairobi.
L’OMS a relevé que les zones touchées par les pénuries alimentaires en Ethiopie sont également très menacées par l’apparition de certaines maladies, en particulier la méningite, la rougeole et la diarrhée.
Il a également fait observer qu’en Somalie le prix du riz importé a enregistré un bon de 350 pour cent entre le début de l’année 2007 et le mois de mai 2008.
Les dernières évaluations ont révélé que les niveaux mondiaux de malnutrition aiguë ont augmenté de 18 à 24% dans certaines zones, donc bien au-delà des 15% à partir desquels, l’on estime être en face d’une urgence.
Politique coloniale caractérisée par la production de denrées agricoles d’exportation au détriment de celles de consommation locale.
Cette crise est aussi l’aboutissement d’une politique coloniale imposée afin de satisfaire les besoins du pays colonisateur et ensuite depuis l’indépendance d’une politique agricole extravertie, orientée vers la satisfaction prioritaire des besoins des économies des pays étrangers, en particulier des anciennes puissances coloniales et caractérisée par la production de denrées agricoles d’exportation au détriment de celles de consommation locale.
À l’instar de l’Inde et de la Chine qui ont développé leur agriculture pour échapper à la famine dans les années 70 à 80, les pays africains doivent faire leur propre révolution verte en donnant une priorité absolue aux investissements sur les produits agricoles de subsistance.
Sur le très court terme, la spéculation sur les produits agricoles par les intermédiaires de la filière doit être fortement contrôlée pour permettre la baisse des prix des denrées de première nécessité.
Risham Badroudine
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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