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Face à la vie chère et à la hausse des profits
6 mars 2008, par

Depuis lundi, les travailleurs de la SCPR sont en grève illimitée. Ils revendiquent une augmentation des salaires afin de répartir plus justement les richesses créées par le fruit de leur travail. Ils constatent que la proposition de la Direction ne leur permet pas de faire face à la vie de plus en plus chère. La revendication principale est une augmentation des salaires de 3 à 5%. L’amélioration du climat social est également un des enjeux de la lutte. Hier, le dialogue social n’était pas renoué.
Alors que les profits augmentent et que les bons résultats se succèdent, les salaires ne suivent pas à la SCPR. Le constat de désaccord lors des négociations obligatoires a débouché sur le déclenchement d’une grève illimitée depuis lundi 15 heures.
Rachetée en 2005 par le groupe Colas, la SCPR emploie 231 salariés répartis sur 9 sites de production en concassage. 90% du personnel est dans la lutte. Un point presse des grévistes avait lieu hier devant le siège social de l’entreprise au Port.
Vivien Dijoux, délégué du personnel et syndicaliste à la CGTR, constate que les profits de la société augmentent continuellement, mais les revenus des travailleurs ne progressent pas de la même façon. Par ailleurs, la productivité ne cesse d’augmenter. Les journées de travail s’allongent et le recours aux heures supplémentaires est courant.
Mais pour beaucoup de travailleurs, ces heures supplémentaires sont la seule solution d’avoir un salaire suffisant pour faire face à une vie de plus en plus chère.
« Partout, les prix augmentent », note Vivien Dijoux, « les résultats de l’entreprise ne cessent de croître. Les salariés ne doivent pas être oubliés ».
Lors des négociations annuelles, le patronat propose des primes. Les travailleurs veulent une augmentation de salaire.
Autre constat, des salariés arrivent au plafond de leur carrière. Ils ne peuvent plus progresser, et par conséquent, ils perdent chaque année du pouvoir d’achat.
Les travailleurs notent également que depuis que Colas a racheté l’entreprise, les actions de marketing se multiplient. « Des soirées VIP sont organisées, mais pendant ce temps, les salaires stagnent », dit en substance Vivien Dijoux.
« La SCPR a utilisé la loi TEPA pour inciter à faire des heures supplémentaires. Au lieu de fermer à 20 heures, des sites tournent jusqu’à 22 heures », poursuit le syndicaliste. « Avec les grands travaux, la demande est en augmentation. Entre 60.000 et 70.000 tonnes d’agrégat sont là. Par ailleurs, le prix des matières premières augmente également. Tout cela fait gonfler les profits. Pourquoi oublier les salariés ? ».
Il dénonce la mise en œuvre du mot d’ordre « travailler plus pour gagner plus » à la SCPR. Force est de constater que ce n’est pas le salarié qui est gagnant.
Jusqu’à présent, les propositions des salariés ont été rejetées en bloc par la Direction. Une décision accompagnée par une attitude de mépris que dénoncent les travailleurs.
Sur la base de cette situation, les grévistes demandent une hausse des salaires de 5% pour les 103 travailleurs ayant un salaire compris entre le SMIC (coefficient 102) et moins de deux fois le salaire minimum (coefficient 550) ; une hausse de 3% pour la cinquantaine de travailleurs ayant un salaire supérieur à ce seuil (au-delà du coefficient 550) ; une augmentation de 1% pour les cadres. Et de préciser qu’à la SCPR, les cadres ont un salaire 2 à 3 fois supérieures à celui d’un ouvrier.
Hier, aucune réunion de négociation n’était fixée, pas de dialogue social entre la Direction et des travailleurs, contraints de faire grève pour se faire entendre.
Manuel Marchal
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