La Chine a ainsi suspendu ses importations de porcs et de produits porcins en provenance du Mexique et de trois Etats américains, le Texas, le Kansas et la Californie, afin de prévenir l’arrivée de l’épidémie provoquée par le virus A/H1N1.
Le Japon a, lui, décidé lundi de renforcer ses contrôles sur les passagers débarquant dans ses aéroports depuis l’étranger.
Les Etats-Unis, où vingt cas ont été décelés, avaient déclaré dimanche « l’état d’urgence sanitaire ». Ils ont annoncé des dépistages sur les personnes qui se présenteraient aux frontières en provenance de pays touchés par le virus.
Le Canada est touché, avec six cas confirmés, et plusieurs pays, dont la Nouvelle-Zélande, la France, Israël, l’Espagne et le Brésil ont fait état de cas suspects. Deux cas suspects signalés en Australie se sont avérés négatifs.
Le président mexicain Felipe Calderon a lancé dimanche un appel au « calme » et au respect des mesures de prévention. Son ministre de la Santé a cité un bilan aggravé, à 103 morts et 1.614 malades traités, dont 400 encore hospitalisés.
La Commission européenne a indiqué suivre « de très près » la situation.
Un virus à potentiel pandémique
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui avait mis en garde contre le « potentiel pandémique » du virus, a prévenu dimanche que le nouveau virus pourrait évoluer et devenir « beaucoup plus dangereux ».
L’OMS recommande « que tous les pays intensifient leur surveillance de tous les cas inhabituels de maladie ressemblant à une grippe ou à une grave pneumonie ».
Au Mexique, foyer de l’épidémie, un décret présidentiel a durci les mesures : isolement des patients, droit des autorités à pénétrer « dans tout local », à contrôler voyageurs, bagages et marchandises.
La maladie s’étant propagée dans le pays uniquement par contacts humains, les autorités ont appelé à éviter les réunions publiques.
Le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, a souligné que la capitale était maintenue en « alerte maximale ». Après la fermeture des écoles, lycées et universités, théâtres et musées, il a annoncé celle des deux grands zoos municipaux.
La municipalité va s’assurer de la fermeture des bars de nuit et discothèques, et les tribunaux de Mexico ne siègeront pas la semaine prochaine, a-t-il précisé.
L’aéroport de la capitale reste ouvert et des équipes médicales y sont en place. Les passagers sont soumis à un questionnaire à l’arrivée et au départ.
La Banque mondiale débloque des crédits
La Banque mondiale a annoncé un crédit immédiat de 25 millions de dollars pour le Mexique et en a approuvé un autre de 180 millions à moyen terme.
Mexico avait déjà indiqué disposer d’une réserve spéciale de 450 millions de dollars.
En Asie, de nombreux pays ont commencé à prendre des mesures de précaution. Les pays asiatiques ont renforcé lundi les mesures de surveillance afin de se prémunir face aux risques de pandémie de grippe porcine. Dans toute la région, les contrôles aux aéroports ont été renforcés, les hôpitaux placés en alerte et des mesures de quarantaine annoncées.
La Chine et la Thaïlande ont par ailleurs annoncé la suspension des importations de viande porcine du Mexique et des Etats-Unis.
Les Philippins ont été invités à éviter les étreintes et les embrassades lors des rassemblements publics.
« L’Asie est mieux préparée et en meilleure position que d’autres » face aux risques de pandémie, a déclaré lundi Peter Cordingley, porte-parole de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) à Manille.
Les autorités sanitaires de Nouvelle-Zélande tentaient ainsi de retrouver plusieurs centaines de passagers ayant voyagé avec un groupe de 9 lycéens et leur enseignant, de retour du Mexique, qui pourraient être atteints de la grippe porcine.
La Russie a de son côté mis en place une commission de prévention contre la propagation de la grippe et vérifie tous les vols provenant du Mexique et des Etats-Unis.
Plusieurs pays latino-américains ont décrété l’alerte sanitaire ou annoncé des mesures préventives. A Bogota, des examens médicaux ont été pratiqués sur 5 voyageurs venant du Mexique et présentant des symptômes.
« Cela sent mauvais », lâche, à propos de la grippe porcine apparue au Mexique, le Pr Jean-Philippe Derenne, pneumologue et co-auteur de Pandémie, “La grande menace” (Fayard). « Ce virus a clairement un potentiel pandémique. La situation est sérieuse et imprévisible », a précisé ce week-end la directrice générale de l’Organisation Mondiale de la Santé, Margaret Chan. Et, notant que le virus de grippe porcine en cause, identifié comme A/H1N1, avait muté « dans des gènes jamais rencontrés auparavant », un porte-parole de l’OMS a ajouté : « Le fait le plus préoccupant est qu’il se transmet d’homme à homme ».
Risham Badroudine






















