Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Hommage à deux travailleurs victimes de la répression
16 février 2009

Une marche impressionnante a rappelé toute la détermination des Guadeloupéens après plus de trois semaines de grève générale. Pour beaucoup, il n’est plus question de reculer, les revendications doivent être satisfaites.
« La Guadeloupe, c’est à nous, la Guadeloupe, c’est pas à eux », « Nous irons jusqu’au bout » : au Moule, une petite commune côtière, des milliers de personnes ont défilé samedi, déterminées à poursuivre la grève tant que leurs revendications contre la vie chère n’auront pas abouti.
En 1952, quatre ouvriers avaient été tués au Moule par les forces de l’ordre lors d’une manifestation pour réclamer une augmentation de leurs revenus.
C’est donc à dessein que le collectif LKP avait choisi ce lieu hautement symbolique pour montrer sa détermination à continuer le mouvement après presque un mois de grève et des négociations dans l’impasse.
« Il est trop tard pour faire machine arrière », explique Elise Gimar, traiteur à son compte, qui arbore fièrement un tee-shirt rouge du LKP.
Pas question pour la plupart des manifestants — 9.000 selon la police, 50.000 selon les organisateurs — de suivre les élus de gauche qui ont lancé le matin même un appel à un assouplissement de la grève pour permettre à l’économie de redémarrer.
« Le mouvement ne s’essouffle pas. Il s’amplifie », a mis en garde le leader du collectif LKP, Elie Domota. « Aujourd’hui, vu le nombre de gendarmes qui sont arrivés en Guadeloupe armés jusqu’aux dents, l’Etat français a choisi sa voie naturelle : celle de tuer les Guadeloupéens comme d’habitude », a-t-il poursuivi.
Un morceau de canne à sucre entre les dents, il réclame à nouveau que le gouvernement tienne ses « engagements » en permettant une augmentation des bas salaires via des exonérations de charges.
Le LKP avait affrété quatre bus de Pointe-à-Pitre pour palier le manque de carburant, bien que plusieurs stations-service aient rouvert samedi.
Après près de deux heures de marche, le long cortège s’est arrêté pour déposer une gerbe devant l’entrée du cimetière. Sur une stèle, au-dessus des noms des quatre ouvriers tués lors du « massacre de la Saint-Valentin », ces deux mots : "Honneur et respect".
La députée de la Guyane, Christiane Taubira, qui participait à la manifestation, a dénoncé un système de « castes ». En Guadeloupe, « on frôle l’apartheid social », avec un système où « une caste détient le pouvoir économique et en abuse ».
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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