Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
29 août 2008, par

D’abord chef d’entreprise de DVH (Développement des Valeurs Humaines), Hélène Verguin s’investit dans un projet soutenu et initié par la Fondation Abbé Pierre : l’implantation de l’association Compagnons Bâtisseurs à la Réunion pour contribuer à la réhabilitation des logements insalubres. Un projet qu’elle porte avec son coeur, parce qu’il colle encore plus à ses convictions : « il a trop de personnes dans le besoin et il faut en face des gens pour y répondre ». Hélène a décidé d’en faire partie.
A l’origine, vous travaillez au sein de DVH. En quoi consiste son action ?
Développement des Valeurs Humaines est une entreprise que j’ai créée en 2000. Il s’agit d’un centre de formation au départ destiné à aider les personnes à s’adapter à l’euro, grâce à un outil pédagogique accessible au plus grand nombre. J’ai d’ailleurs écrit un livre intitulé « Moi et l’Euro ». J’ai travaillé avec l’ADI, les collectivités, les associations dans toute l’île. Puis, j’ai commencé à répondre à d’autres besoins liés au logement. J’ai pu créer des emplois au sein de DVH.
Comment en êtes-vous arrivé à la vie associative ?
Etre dans l’insertion c’est bien, mais être dans la conviction c’est mieux. On m’a proposé de rejoindre les Compagnons Bâtisseurs alors que j’avais déjà un peu d’expérience sur le terrain. J’avais envie d’intégrer un groupe solide, même si mon entreprise fonctionnait très bien, un groupe qui fonctionne aussi sur le volontariat, le bénévolat et le partage de savoir-faire et de savoir-être. On apprend plus ensemble, c’est dans le partage qu’on avance.
Comment est né ce projet avec les Compagnons Bâtisseurs ? En quoi consiste t-il ?
Les Compagnons Bâtisseurs est une association qui existe depuis 50 ans dans l’Héxagone. Elle est spécialisée dans l’auto-réhabilitation et la réhabilitation de logements. Elle accompagne les personnes pour réhabiliter leur logement, ou lorsque les personnes ne sont pas en mesure de le faire, comme les personnes âgées, elle s’en charge. Il n’existe pas d’antenne régionale à la Réunion, nous sommes en train de la mettre en place. L’association prendra ainsi le relais de la Fondation Abbé Pierre. Comme l’explique Christian Ballet, responsable de l’agence régionale de la Réunion, 100.000 personnes vivent dans des logements insalubres. Beaucoup ne peuvent bénéficier des dispositifs comme le PAC ou la Sica Habitat. La Fondation a pris l’initiative d’intervenir dans la réhabilitation de 300 logements par an, avec le Conseil Général et les communes. Elle a ainsi expérimenté un atelier d’appui technique à la Montagne. Mais c’est un travail énorme, très lourd à porter. Alors l’idée est venue de faire appel aux Compagnons Bâtisseurs pour continuer à faire vivre le réseau déjà créé dans l’île.
Comment allez-vous fonctionner ?
Il devrait y avoir une douzaine de personnes au sein de l’équipe. Nous allons ainsi embaucher en Contrat Unique d’Insertion (avec le Conseil Général) et former des personnes à la réhabilitation des logements. Nous n’excluons pas non plus de faire venir des Compagnons Bâtisseurs de métropole pour former ou donner un coup de main à notre équipe. Et pourquoi pas envoyer nos personnes en CUI se former là-bas. Il faut aussi savoir qu’en métropole, le volontariat existe. Les volontaires viennent de toute l’Europe pour contribuer à améliorer les logements. Pourquoi ne serait-ce pas possible ici ? Enfin, nous allons travailler avec les communes pour identifier les quartiers à réhabiliter.
Edith Poulbassia
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