Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
18 juillet 2011

Qui ne connaît pas, ancien de la CCIR et de la CGTR, toujours regard vaillant quand ses potes François Nativel, Alix Mareux ou Philippe De Cotte l’appellent pour assurer une tâche essentielle tout au long d’une course cycliste ? Le 23 décembre 1991, c’était donc il y a presque 20 ans, Nono reçut le trophée du Comité régional des OMS de La Réunion. J’eus l’honneur de prononcer le discours du jour. Un exercice auquel je me pliais volontiers, en un peu plus de soixante alexandrins.
Raymond Lauret
Seriez-vous capables, Mesdames et Messieurs,
De deviner son âge à notre ami Nono ?
Facile, pensez-vous ! Ce regard généreux,
Cette constante santé, cette jeunesse en un mot,
Nous laissent supposer une soixantaine d’années.
Je suis fort désolé, vous n’avez pas trouvé.
Le Tampon le vit naître en mille neuf cent vingt-sept.
C’était, vous le voyez, il y a belle lurette.
Ce n’est qu’à dix-sept ans qu’il eut pour la p’tite reine
Ce que d’aucuns appellent les yeux de Chimène.
C’était à la Mairie, pour l’arrivée du Tour.
C’était beau les efforts de ces forçats d’un jour !
Il n’en fallut pas plus pour que notre Evenor
Ne se sente attiré à jamais par ce sport.
Lorsqu’il quitte le Tampon pour s’installer au Port,
Il n’a pas encore vu de première licence,
Mais connaît bien du Tour la fameuse ambiance
Des pelotons groupés, des coureurs échappés,
Des côtes à grimper, des longues traversées.
La PPA l’appelle. Car pour organiser
Les manifestations d’une longue année
Et pour chronométrer toutes ces arrivées,
Qu’il s’appelle Debord ou Germain Désiré,
Le Patron a besoin de fort bons lieutenants.
Et Nono fait l’affaire, lui qui a entre temps
Obtenu le profil du parfait dirigeant.
Retenez bien, Messieurs, Nono n’est pas coureur.
Il aide les cyclistes comme organisateur.
Retenez bien aussi, il n’est point Président.
Il s’occupe de tout, des petits et des grands,
Du drapeau à damier, des départs à donner,
De tous les attardés qu’il faut ravitailler,
De la Miss à trouver pour offrir le bouquet,
Ou bien du médecin qui doit examiner
Celui qui est blessé et qu’on a oublié…
Pour une simple raison : c’est qu’il est bon dernier !
Il trouve bien sûr du temps pour se diversifier.
Il occupe à la Jeanne le poste de trésorier
Et sera fort longtemps responsable de judo…
Bien qu’il n’ait jamais mis le moindre kimono !
De partout on l’appelle. C’est le Club des Douaniers,
Les bals des sam’dis soirs, les fêtes, les défilés
Des Quatorze Juillet ou bien des "Premier Mai".
Il est syndicaliste à la CGTR
Dont il porte fièrement la croix et la bannière
Et sera solidaire de toutes les batailles
Que toujours a connues le monde du travail.
Toute l’île l’apprécie, il n’est point de Mairie,
Il n’est point de circuit où il ne s’rait chez lui !
Et il nous a aidés, dans sa grande sagesse,
A constituer au Port le premier OMS.
De même au Comité, on ne verrait jamais,
De son fidèle Nono, François s’en séparer…
J’arrive, mes amis, au bout de mon propos.
Il s’agissait pour moi de vous dire tout haut
Le plaisir et l’honneur que l’on peut éprouver
Lorsque l’on rend hommage à la simplicité,
A la vitalité, la disponibilité
De ces hommes sans qui le Sport ne serait pas
Une grande leçon de courage et de foi.
Nono est tout cela et vous pardonnerez,
Mesdames et Messieurs, la forme utilisée
Pour vous dire combien nous sommes satisfaits
Que notre ami Boucher ce soir soit décoré…
Raymond Lauret
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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