L’Europe et La Réunion : la fin des illusions
18 juin, parDe la reconnaissance de la spécificité à sa remise en cause : quel avenir pour La Réunion dans l’Union européenne ?
Hier à l’aéroport Roland-Garros
21 novembre 2013

Dans le cadre de la commémoration du Cinquantenaire de l’histoire des « Enfants de la Creuse », une stèle a été inaugurée hier à l’aéroport Roland Garros, en présence notamment de Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, et de Sudel Fuma, président du Comité pour la célébration du 350e anniversaire du peuple réunionnais.
C’est à partir de 1963 (et jusqu’au début des années 1980) que des enfants de La Réunion, issus de milieux très pauvres, ont été retirés à leurs familles pour être envoyés dans des départements de la France continentale, dans des familles ou dans des foyers.
Les parcours des ces enfants sont divers : certains s’en sont sortis, au moins sur le plan social, ils se sont formés, ils ont trouvé un travail, ils ont pu fonder une famille. Pour d’autres, cet arrachement à La Réunion, à la famille... a été amplifié par des conditions d’accueil, de vie et d’intégration épouvantables : certains ont conservé les stigmates de l’extrême souffrance physique et psychologique endurée, certains autres n’y ont pas survécu.
Plusieurs années plus tard, cette mémoire enfouie, malgré son caractère récent, s’est réveillée. Des associations ont été créées, les pouvoirs publics ont été interpelés, des actions en justice ont été entreprises.
La Réunion s’est enfin souvenue de ses Enfants de la Creuse (c’est le nom générique désormais même si 60 départements au moins sont concernés). Et la France a été obligée d’entendre les questions posées par des adultes qui lui reprochent de leur avoir pris une part de leur enfance.
L’initiative de la commémoration revient à un collectif qui a sollicité le soutien du Conseil général qui lui a apporté son soutien.
L’enjeu de la commémoration d’hier est d’accompagner une démarche, légitime, de compréhension d’une histoire, d’un parcours qui, même lorsqu’il a conduit à une réussite personnelle et professionnelle, a laissé des traces et des questions.
Il ne s’agit pas, pour l’Institution, d’écrire l’histoire des « Enfants de la Creuse », ce qui est le rôle des historiens. Il s’agit de poser un acte symbolique de reconnaissance d’une histoire.
L’œuvre est évocatrice de la réalité du fait historique et aussi porteuse de l’espérance liée à tout projet de vie.
Elle est installée dans un espace lui aussi symbolique : l’aéroport Roland Garros, lieu de séparations et de retrouvailles, espace évoquant le lien entre La Réunion et ses enfants. Pour Nassimah Dindar, « Cet acte est symbolique. On accepte de reconnaître la souffrance que l’on a déposée chez ces enfants de La Réunion ».
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