Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
15 octobre 2010
26 janvier 2011, par

Pour commémorer le 50ème anniversaire de l’Ordonnance Debré, hommage a été rendu aux Réunionnais victimes de cet arbitraire. C’est Roland Robert, une des victimes de cette ordonnance, qui a inauguré à La Possession ce soir-là une place rappelant le souvenir des combattants de la liberté exilés à 10.000 kilomètres de leur pays.
Le 15 octobre 1960, le gouvernement décide de mettre en pratique une ordonnance qui permet de muter contre leur gré en France des fonctionnaires en poste à La Réunion, sur simple recommandation du préfet.
Cette ordonnance intervient au moment où les démocrates sont la cible d’une féroce répression conduite par le Préfet Pérreau-Pradier sous les ordres de Paris. C’est à ce moment que le suffrage universel a cessé d’exister à La Réunion, car les élections sont marquées par des violences et des bourrages d’urnes pour que le "résultat" soit conforme aux choix décidés à la Préfecture.
Des Réunionnais ont su se lever contre cette injustice. Certains étaient fonctionnaires d’État, ils ont été pris pour cibles par l’application d’une ordonnance d’exception.
Gervais Baret, Nelly Baret, Jean Letoullec, Boris Gamaleya, Clélie Gamaleya, Jean-Baptiste Ponama, Joseph Quasimodo, Roland Robert, Georges Thiebaut, Max Rivière, Daniel Lallemand, Bernard Garcarski, Yvon Poudroux : ils ont été victimes de cette ordonnance scélérate.
En 1972, l’Assemblée nationale abroge cette ordonnance à l’unanimité. C’est le résultat d’une mobilisation de tous les instants à La Réunion et en France. Les victimes de l’ordonnance ont été jusqu’à faire une grève de la faim pour que ce texte soit caduc. D’autres militants ont également fait une grève de la faim, parmi eux Marcel Soubou, alors dirigeant de l’UGTRF.
Ce 15 octobre 2010, le PCR organise une des grandes réunions de la campagne d’explication précédant le 7ème Congrès. Cet événement a lieu à La Possession, et c’est un hommage aux combats menés contre l’Ordonnance Debré.
Le maire de La Possession est Roland Robert, une des premières victimes du texte signé par l’ancien Premier ministre. En 1961, il fait partie du premier vol d’exilés. Malgré une décision de justice en faveur de son retour à La Réunion, Roland Robert sera maintenu encore plusieurs années en France par l’administration. Et 10 ans après son départ de son exil, Roland Robert sera élu maire de La Possession à la tête d’une liste de rassemblement.
À la fin de la réunion, une place est inaugurée. Elle porte le nom des Réunionnais victimes de l’Ordonnance Debré. Elle se situe à côté du gymnase Dumesgnil, à La Possession.
M.M.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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