Accueil du site> Culture> Il était une fois
25 mars 2008
Fils d’un colon français et d’une princesse de Guinée réduite en esclavage, Jean-Baptiste Lislet-Geoffroy a été un éminent scientifique dont le mérite ne fut récompensé, pas par la France, ni par la terre qui l’a vu naître, mais par “la perfide Albion” - l’Angleterre - lorsque celle-ci s’empara de l’île de France, en 1810.
Une carrière scientifique tous azimuts
Durant sa carrière, son apport en cartographie aura été immense : contours de Madagascar, de l’île de France, de Bourbon, des Seychelles et de Rodrigues... Ses plans d’ouvrages stratégiques ne se comptent plus. Il fait des observations météorologiques. Il publiera les tables astronomiques en vue de déterminer les longitudes et latitudes. La liste de ses travaux serait trop longue à décliner.
De plus, il se fera remarquer par son appartenance à la loge maçonnique de Port-Louis où son comportement lui vaudra une renommée allant bien au-delà des Mascareignes. Il deviendra correspondant de l’Académie des sciences de Paris. Il fondera la société des sciences et arts de l’île de France, la société d’émulation, celle d’histoire naturelle. Malgré cela, ses mérites ne seront pas récompensés à leur juste mesure.
Des satisfactions venant de l’Angleterre, puissance conquérante de l’île de France
Alors qu’il se voit refuser des postes de premier plan amplement mérités, ainsi qu’une pension demandée au roi de France Louis XVIII, alors qu’il doute que l’abolition de l’esclavage puisse se faire bientôt dans les colonies françaises, c’est de l’Angleterre que lui viendront les principales satisfactions de la deuxième partie de sa vie. En effet, le gouverneur anglais, comprenant ses frustrations, ainsi que celles de nombreux libres de couleur, en fin politique, va récompenser leurs mérites non reconnus par la France. Il confiera à notre compatriote des fonctions importantes : il sera fait ingénieur géographe, capitaine du génie, conservateur. Il connaîtra même l’abolition de l’esclavage intervenue à Maurice, 32 ans avant le décret d’avril 1848...
Devenu citoyen britannique, il mourra à Port-Louis, dans une maison toute simple de la rue d’Artois, et sera enterré au cimetière de la ville. Sur sa tombe seront gravés ces mots : « Ici repose Jean-Baptiste Lislet-Geoffroy... protecteur des malheureux », le plus beau des titres... et nous, que faisons-nous pour notre grand homme, pour la reconnaissance de son œuvre ?
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).