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Un nouveau crime de la colonisation
13 janvier 2009
Deux médecins norvégiens ont réussi à sortir de Gaza avec toutes les peines du monde. Ils témoignent de l’usage d’une arme nouvelle par l’armée israélienne. Ces bombes brûlent les jambes et injectent dans le corps des victimes des particules cancérigènes, multipliant et aggravant les dégâts d’une bombe classique. C’est ce que révèle "Le Monde" dans un article publié lundi dont nous reproduisons ci-après des extraits.
Des blessés d’un type nouveau - adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents - ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l’hôpital de la ville, qui en ont témoigné.
Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d’années avec l’organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l’Egypte.
« A l’hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n’avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d’armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l’acronyme DIME - pour Dense Inert Metal Explosive », ont déclaré les médecins.
Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d’explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. Nous n’avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d’amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban Sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l’opération israélienne “Pluie d’été”. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes », ont-ils expliqué.
Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazeera, a parlé de son impuissance dans ces cas : « Ils n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire ». Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le Sud à l’hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli « des dizaines » de cas de ce type.
Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu’ils ont vu, en l’absence à Gaza de tout autre représentant du « monde occidental » - médecin ou journaliste : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIème siècle, on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? ». (...)
Une rue Hugo Chavez au Liban
Un village du Nord du Liban a rebaptisé une de ses artères "rue Hugo Chavez" afin d’honorer le président vénézuélien après la décision de son pays d’expulser l’ambassadeur israélien à Caracas, en représailles à la guerre de Gaza. « C’est le moins que l’on puisse faire pour ce grand homme qui a fait revivre l’espoir dans nos cœurs et pris une revanche en notre nom à l’égard de l’entité sioniste (Israël) », a déclaré à l’AFP le maire de Bireh, Mohamed Wehbe. Il s’agit d’un geste destiné à « l’honorer et à nous redonner le moral », a-t-il ajouté. Un portrait géant du président vénézuélien a été installé à l’entrée de cette ville de 17.000 habitants et de grandes banderoles ont été déployées le long de la route menant à Bireh, située à 45 kilomètres au Nord de Tripoli, clamant : « la nation a besoin d’hommes comme Chavez » et « Chavez a expulsé l’ambassadeur israélien. Quand ferez-vous de même, dirigeants arabes ? ». Le Venezuela a expulsé le 6 janvier l’ambassadeur israélien à Caracas pour protester contre l’offensive israélienne à Gaza, qualifiée de « génocide » par le Président Hugo Chavez.
Protestation de milliers d’enfants marocains
Des milliers d’enfants marocains ont manifesté dimanche à Rabat pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens de Gaza livrés à une attaque israélienne depuis 17 jours qui a fait près de 900 morts, dont près de 300 enfants, et environ 4.000 blessés. Trois heures durant, les enfants du Maroc ont laissé exprimer leur colère et leur chagrin de voir leurs semblables en Palestine subir « un véritable génocide », appelant le monde à réagir pour mettre un terme à une souffrance qui n’a que trop duré. Banderoles et drapeaux à la main, les milliers d’enfants ont exhorté la communauté internationale à protéger les enfants de la Palestine, « livrés à eux-mêmes » devant « la machine de guerre sioniste ». Le Maroc avait acheminé depuis vendredi environ 70 tonnes d’aides aux Palestiniens de la Bande de Gaza, sur décision du Roi Mohammed VI. L’aide, largement médiatisée au Maroc, est acheminée par des avions de l’armée marocaine qui a constitué un pont aérien avec l’aéroport de Arich en Egypte, proche du passage de Rafah aux frontières avec Gaza où plus de 1,5 millions de Palestiniens sont pris pour cible par l’armée israélienne (Tsahal).
Manifestations et désobéissance civile en Égypte
Depuis le début de l’attaque israélienne sur la Bande de Gaza le 27 décembre 2008, la rue égyptienne est agitée par des appels pleins de colère demandant au pouvoir égyptien d’ouvrir la frontière avec Gaza et d’exercer une pression plus importante sur Israël pour qu’il y ait un cessez-le-feu immédiat. Au Caire, plusieurs milliers d’Égyptiens ont défilé dans le centre ville le 31 décembre, aux cris de “À Gaza nous partons, martyrs par millions”, “Où est l’armée égyptienne ?” et “Honte à toi, Moubarak”. [...] Les forces de sécurité ont commencé à disperser la foule par la force, et au moins 40 manifestants ont été arrêtés. Beaucoup d’autres ont été frappés. [...] Plusieurs sources ont confirmé qu’au moins 300 activistes avaient été arrêtés au Caire le 31 décembre, dont plus de 160 activistes arrêtés dans les gares ou en voiture alors qu’ils se rendaient dans la capitale égyptienne. Le vendredi 2 janvier 2009, deux jours après la répression par la police au Caire, les Égyptiens sont descendus dans les rues pour la manifestation la plus importante contre l’attaque israélienne. La manifestation, organisée par les Frères Musulmans, a démarré près de la mosquée Al Fatah, au Caire, et elle demandait au gouvernement égyptien d’ouvrir la frontière entre Gaza et l’Égypte. La police égyptienne a pris le contrôle de trois des plus grandes mosquées du centre-ville avant la grande prière du vendredi (Al Fatah et Al Azhar dans le quartier musulman, et Al Nour dans le quartier Al Abbassyia, au Nord). La police a bouclé le centre-ville avec plus de 200 véhicules. Néanmoins, 5.000 manifestants environ se sont rassemblés à la mosquée Al Azhar après la prière du vendredi, portant des pancartes disant : « Honte à vous, Arabes du silence ». Les manifestations ne se sont pas limitées au Caire, la capitale, mais ont eu lieu dans toute l’Égypte, d’Alexandrie à Al Minya, Assiout, Sohag, Fayoum, Suez, Dakahleya, Qalyub, Port Saïd, Kafr El Cheikh, Assouan, Munufeya et El Arish.
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