L’urgence de se mobiliser pour éviter la ruine des Réunionnais dans la mondialisation
12 juin, parAPE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
27 août 2005

Le combat syndical mobilise pleinement ceux qui ont fait le choix de s’y retrouver. Ma référence reste Bruny Payet dont je suis heureux qu’il m’ait toujours gardé une certaine amitié, alors même qu’aujourd’hui il s’est totalement retiré de cette vie pour laquelle il a sacrifié “une situation” socialement dorée, celle qu’auraient pu lui apporter les solides études d’ingénieur qu’il a réussies dans sa prime jeunesse.
Dans les années 1980, je m’en souviens comme si c’était hier, un très dur conflit avait éclaté à la clinique Jeanne d’Arc. Un conflit qui, après plus de un mois, s’enlisait, le patron ne désirant pas, mais alors pas du tout, céder sur un point : il n’admettait pas que son directeur et lui-même aient été insultés et séquestrés par quelques grévistes. Les syndicalistes considéraient, eux, que l’état d’exaspération de certains travailleurs devait être compris par ceux-là mêmes qui refusaient toute discussion...
J’avais été informé que le Docteur Ferber, Président du Conseil d’Administration de la Clinique, était prêt à accepter les bons offices d’un médiateur, à condition que je fus ce médiateur. J’en fuis surpris.
J’étais - et sans doute serai-je encore aujourd’hui - incapable de voir je ne sais quel piège dans une telle suggestion. J’acceptais, considérant qu’un conflit qui tarde trop à se dénouer risque de tourner finalement au drame pour les travailleurs.
J’eus cependant la bonne idée d’aller demander conseil à Bruny. Bruny me conseilla d’accepter mais de demander au docteur Ferber quelques points de plus que ce que réclamaient les syndicats : "Tu verras, me dit-il, il donnera. Et tu n’apparaîtras pas comme ayant servi les intérêts de la direction contre les travailleurs".
J’appréciai la leçon et la mis aussitôt en application.
Le docteur Ferber accepta... et le syndicat majoritaire (qui n’était pas la CGTR) refusa au motif qu’il n’était pas normal que les choses se soient passées ainsi ! J’en fus choqué. La grève s’arrêta : elle avait trop duré, elle avait traîné. Ce fut un échec pour les grévistes qui n’arrachèrent rien du tout et perdirent même le bénéfice du mois de grève...
Je ne me suis plus jamais mêlé de la chose syndicale. J’ai apprécié la leçon.
Je m’en suis souvenu ce mercredi 24 août lorsque je suis allé soutenir les travailleurs de la SERMAT à l’entrée du port Est. J’ai tenu à leur dire que leur dignité et leur avenir justifient qu’ils se battent et que pour cela, ils doivent pouvoir compter sur leurs syndicats. Je ne me suis pas autorisé à leur dire ce qu’ils doivent faire. Danio et ses camarades, dans ce domaine, sont parfaitement à la hauteur. Je l’ai encore vérifié, hier vendredi, quand nous les avons reçus à la Région.
Et quand le “JIR” et le “Quotidien” décident de regrouper leurs moyens pour décupler leur capacité d’intervention économique, je ne cherche pas à me mettre à la place des instances syndicales dont le rôle est de veiller à ce que les intérêts des travailleurs ne soient ni lésés ni foulés au pied. J’imagine que ces instances syndicales savent faire et qu’elles ont su faire.
R. Lauret
APE UE-Afoa : Après la clôture des négociations entre l’UE et les pays voisins
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