Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
10 juillet 2007

Trop souvent, malheureusement, la presse réunionnaise relate des drames de la jalousie dans notre île. Lorsque nous sommes attachés à une personne parce qu’elle nous attire et si nous avons envie de passer beaucoup de temps avec elle ; mais si elle n’en a pas envie et même si elle regarde quelqu’un d’autre, la jalousie peut s’installer en nous si nous perdons notre humilité et si nous n’en prenons pas conscience.
Notre culture n’apprend plus à s’aimer personnellement et à aimer les autres autant que soi-même, ce qui éviterait la jalousie. Nous devenons jaloux tout seul à cause de notre pensée et cela crée une tension en nous. La jalousie pousse à des crises de colère et cela peut créer des sentiments de culpabilité. Nous cherchons par tous les moyens à prendre l’autre en défaut et c’est l’engrenage. Nous sommes mal dans notre peau, nous devenons agressif, nous nous refermons sur nous-même. Il n’y a plus en nous aucune satisfaction, c’est la frustration totale. La jalousie crée des situations contraires à ce que l’on attend et le jaloux ne comprend pas, ou ne veut rien savoir, il ne pense qu’à ses propres intérêts. C’est d’ailleurs dans les familles où il y a le plus de crimes de jalousie...
Mais si nous oeuvrons pour aider les autres à être bien et si nous nous réjouissons de leur bonheur, la jalousie peut disparaître. Le désir d’oeuvrer pour que notre propre vie serve à rendre les autres heureux, consiste à accepter de passer au second plan.
Dans le couple, pour ne pas que la jalousie s’installe, il faut éviter de devenir l’association de deux demi-existences, (on dit ma moitié) partageant une seule vie, une demi-vie pour chacun. Un philosophe a dit : « Ma vie est trop courte pour que je la partage ». Enfermer son couple dans la possessivité, n’est-il pas la meilleure façon de l’atrophier ? Cela tue l’amour qui a réuni deux êtres et, de la possession à la jalousie, il n’y a qu’un pas.
Aimer, c’est donner à l’autre la possibilité d’être encore plus heureux par notre seule présence et si cette présence ne le rend pas heureux, alors il faut savoir partir sans cris, sans haine ni reproche. Nous ne sommes pas là pour diminuer le bonheur des autres par toutes sortes de comportements. Nous sommes unis pour le meilleur et non pour le pire. Deux être qui s’aiment doivent vivre ensemble pour le meilleur. Et, s’il y a parfois des épreuves, il faut décider d’avoir le plaisir de les franchir ensemble. Mais, avant que le pire n’arrive, il faut se séparer dans le meilleur.
Nous devons éviter de vouloir posséder ce dont les autres jouissent, éviter ce sentiment de désavantage par rapport aux avantages qu’un autre possède. Eviter la peur de perdre son objet de plaisir. Tous ces malaises peuvent être contrôlés par la conscience afin de ne pas laisser les émotions prendre le dessus, ce qui peut rendre malade. Accepter également de perdre la personne que l’on aime si quelqu’un la rend plus heureuse que nous le faisons nous-même.
Et puis, si le détachement que nous devrions pratiquer est un sport difficile, notre conscience se muscle bien à cet exercice.
Avec respect,
Désiré Brémont
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
11 juillet 2007, 12:29, par Audreno Michelle
Merveilleux article qu’il faudrait mettre dans toutes les mains du monde entier, Bravo Monsieur et c’est avec le même respect que vous avez mis dans votre article que je vous salue de métropole Michelle
16 juillet 2009, 19:28, par Jocy
Cet excellent article conclu sur le détachement qui est une grande qualité de l’homme conscient. C’est vivre en prenant ses distances par rapport à toutes les frustrations, à toutes les peurs que peuvent engendrer l’interaction entre nous les humains.
Par contre on doit éviter le détachement destructif en s’isolant des autres, en se détachant de tout, même des liens sociaux, car ça ne construit pas.
Etre avec les autres en étant détaché de la jalousie, c’est se réjouir de leur bonheur, oeuvrer pour les rendre heureux, c’est accepter de passer au second plan.
Savoir également se détacher de tout ce qui nous attire vers le bas. Etre maître de la situation, c’est choisir. Etre détaché, c’est oublier ses propres souffrances et aider les autres à guérir les leurs.
Etre capable d’être dans le plaisir si épanouissant tout en restant dans le détachement. Les plaisirs ne doivent pas devenir des besoins, ne pas confondre.
Enfin, il faut souligner que le détachement n’est pas indifférence, c’est du recul par rapport aux craintes de certains événements.
Jocelyne Taris